23.4.08

Post-partum

Je dois l’avouer, je suis en post-partum théâtral. Durant les jours qui ont suivi la dernière représentation du Cadeau d’Einstein, ça allait bien. Je flottais encore sur les dernières vagues d’adrénaline, je gardais dans le cœur les derniers applaudissements et je riais encore des derniers fou-rires avec l’équipe. J’en ai profité pour voir toutes les copines que j’avais négligées pendant mon rush de travail et on a pris des cafés sur des terrasses, on a parlé de nos vies et de nos vacances d’été en soupirant de bonheur. J’ai même poussé le plaisir jusqu’à m’offrir le luxe d’un magasinage de vêtements et d’une coupe de cheveux. J’ai fait le ménage de ma garde-robe, ma liste de bagages pour l’Italie, j’ai lu un livre que je n’avais pas encore eu le temps de lire, j’ai mis à jour tous mes autres projets… I was on a roll… Wouuuu hooooouuuuu!!!

Et puis le week-end est arrivé. J’avais surfé sur les dernières gouttelettes de mon hyperactivité. Et je me suis retrouvée en plein période prémenstruelle. Et, comble de malheur, le thermomètre a dégringolé et un hiver de neige nous est tombé dessus. Ouch. Sans trop m’en rendre compte, mon corps s’est soudainement zombifié… J’ai réclamé mon lit et des heures et des heures de sommeil pour fuir la triste réalité.

Bon. Il faut bien cuver son buzz comme on cuve son vin. Il faut retrouver son rythme, il faut s’adapter à de nouveaux projets, à une nouvelle peau. Et je dois tout de même vous rassurer et vous dire que ça va déjà beaucoup mieux aujourd’hui, puisque le beau temps est revenu et que mon baromètre hormonal s’est stabilisé de nouveau.

Mais il y a toujours cette petite chose qui nous tracasse quand on termine un show. À quand le prochain buzz de la même ampleur? À quand le retour de nos pieds sur ces planches qui brûlent si fort qu’elles nous rendent fous?




Tous les sens

Le nouvel album d’Ariane Moffatt, Tous les sens, est sorti hier. Elle le décrit elle-même comme étant lumineux, léger et… sensuel, bien sûr. Retraçant son parcours musical, elle explique que son premier album, Aquanaute, serait celui de l’eau. Le cœur dans la tête, plus sombre, plus sablonneux, serait celui de la terre. Tous les sens s’inscrirait donc dans l’élément aérien. Un album plus positif, qui creuse peut-être un peu moins dans les zones douloureuses de la chanteuse. Moi, je le perçois comme une grande respiration soulageante, un équilibre trouvé (dans le yoga peut-être?) et la prise de conscience du moment présent (elle chante : Je veux tout, tout de suite et ici…) Pour moi, cet album tombe juste à point, avec l’été qui s’en vient, le voyage en Italie, le besoin de se dorer au soleil, de bien manger et de se combler des bonheurs de la vie... Tous les sens va sûrement m’accompagner pour les mois à venir.

J’aime bien Ariane Moffatt. J’aime bien l’artiste et la fille aussi. Elle a 29 ans, j’ai quelques années de plus, et nous ne sommes pas tout à fait à la même place dans nos vies, mais je sens des similitudes entre son parcours et celui que j’ai eu. Une fille excessive, gourmande de la vie et de tout, très sensible et passionnée. Oscillant entre le côté sombre et le côté lumière de sa vie et de ses amours. J’aime qu’elle soit restée elle-même malgré le succès qu’elle connaît. J’aime qu’elle soit ‘normale’, qu’elle ne ressemble pas à une pitoune bien marketisée, avec la coupe à la mode que toutes les filles portent, et le look à la mode que toutes les filles portent.

Je trouve aussi intéressant que la direction artistique de sa pochette et son style vestimentaire fasse référence aux films de la Nouvelle vague, À bout de souffle de Godard, en particulier. Lors de mes études en cinéma, j’ai eu une petite fixation sur ce mouvement artistique et j’ai toujours aimé l’esthétisme du cinéma de cette époque. Le noir et blanc de l’image, la simplicité des décors captés sur le vif, l’urbanité des personnages, le look un peu garçon mais en même temps ultra-féminin des héroïnes... Avec ses petits cheveux courts, le pantalon skinny noir à la Audrey Hepburn, les boucles d’oreilles rondes, l’omniprésence du noir et du blanc, les tissus à rayures et aux imprimés voyants, les robes années 60, Mademoiselle Moffatt a le sens du look et je la félicite de ne pas avoir eu peur de mettre ses rondeurs en valeur pour s’approprier ce style qui a surtout été incarné par des femmes plutôt délicates et très minces. Ariane décrit son style comme étant un mélange de Jean Seberg et Astro le petit robot… Voilà ce qui s’appelle un style « fusion ». Et ça marche, parce qu’elle l’assume.

Pour la voir et l'écouter: www.arianemoffatt.com

14.4.08

Toujours vrai


Depuis hier après-midi, je ne suis plus Clara Immerwahr. Cette femme forte, intelligente et passionnée a vécu en moi pendant près de deux mois. Parfois, la vie nous offre la chance d’entrer dans la peau d’un personnage magnifique, qui semble avoir été fait pour nous, sur mesure.


Comme je joue plus souvent la comédie que le drame, et puisque mes expériences théâtrales m’ont souvent fait voyager dans des sphères poético-abstraites (après tout, j’ai joué une femme-cheval, faut le faire…), le personnage de Clara Immerwahr a fait vibrer plusieurs cordes en moi. Clara Immerwahr était une féministe avant son temps. Première femme à obtenir un doctorat de chimie en Allemagne, elle était guidée par le désir d’améliorer le sort de l’humanité et plus particulièrement celui des femmes. Tout comme son mari Fritz Haber, elle avait la conviction que le rôle de la science repose sur sa mise en pratique. La science pour le bien de l’humanité.

Immerwahr veut dire « toujours vrai » en allemand. Clara Immerwahr vivait selon des principes et des convictions qu’elle n’a jamais trahis. Son sort fut donc tragique puisqu’elle n’a jamais été reconnue pour son travail de chimiste en collaboration avec son mari. Elle fut lentement anéantie par une société qui ne reconnaissait pas la place des femmes, puis fatalement trahie par l’homme avec qui elle avait fait le pacte de toujours continuer à chercher, à travailler, à savoir. Fritz Haber, chimiste de génie, intellectuel ambitieux, récipiendaire du Prix Nobel, sauvera d’abord l’Europe de la famine, mais verra ensuite son travail mis au service de la machine de guerre. Le gaz chlorique, aussi appelé le gaz moutarde, fera des ravages dans les tranchées de la Première guerre. Et son pesticide agricole, le Zyklon, servira ensuite dans les camps de concentration nazis. Son grand ami Alberta Einstein l’aura prévenu toute sa vie des dangers de la science au service du gouvernement. Mais, en août 1945, quand la bombe atomique éclatera à Hiroshima, Einstein découvrira que sa science était elle aussi un cadeau empoisonné.


Le métier d’acteur est encore nébuleux pour moi. Je suis une autodidacte du théâtre, j’ai toujours ‘joué’, imaginé, rêvé, créé des histoires, et comme je passe de la mise en scène à l’écriture et au jeu un peu au hasard des projets qui se présentent à moi depuis plusieurs années, mon travail d’actrice est toujours une révélation, une découverte. C’est parfois joyeux, parfois pénible, parfois naturel, parfois complètement perturbant. Dans le cas du Cadeau d’Einstein, je dois dire que l’expérience fut… passionnante. Prenante. Dès le tout début des répétitions, la magie a été au rendez-vous. Avec toute l’équipe. Même dans les moments de doute, de questionnements, de déroute, nous avons pris le parti de nous investir à fond, d’être toujours vrais, et ça a marché.

Je remercie l’univers pour ce très beau cadeau.

24.3.08

Sans queue ni tête

Je me sens un peu coupable de délaisser encore et encore, jour après jour, ce blog... mais, comme vous le devinez, je suis tellement occupée par mes contrats que je ne trouve pas le temps, ni l'inspiration, pour vous raconter quelque chose d'intéressant.

Alors petit blitz de faits divers et notes sans queue ni tête. Parce que. Voilà.

Pour vous tous qui bravez les montagnes de neige dans l'est du pays, je serai un peu baveuse en vous annonçant qu'ici, c'est tout le contraire. En ville, TOUTE la neige est disparue et nous nous la coulons douce sous le soleil et des températures entre 5 et 10 degrés depuis trois semaines! Yahoo!!!


Je répète. Oui, voilà, je me répète: je répète. Depuis trois semaines, je suis en pleines répétitions de la pièce de théâtre LE CADEAU D'EINSTEIN. Je joue, oui, je répète, et je joue. Je suis Clara Immerwahr, la première femme à obtenir un doctorat en chimie en Allemagne, première épouse de Fritz Haber, à qui l'on doit la fixation de l'azote, le gaz chlorique qui a fait tant de ravages durant le Première Guerre, et puis le zyklon, insecticide qui extermine les parasites et qui fut transformé par les Nazis pour mieux tuer dans les camps de concentration... Vous devinez peut-être que Le Cadeau d'Einstein n'est pas une comédie? Hi hi.

C'est drôle (tout de même), je joue encore une Allemande. Sur les planches de l'UniThéâtre. Dans mon dernier rôle pour cette troupe, dans la pièce CINQ ANS, j'étais Eva, une journaliste espionne en l'Allemagne de l'est, avant la chute du mur. Hum... moi, Allemande... Pourtant, on me demande tout le temps si j'ai des origines italiennes ou espagnoles...

Show de Michel Rivard la semaine dernière, ici, à Edmonton. Excellent, évidemment. Un conteur né. J'ai redécouvert quelques-unes de ses chansons et ça m'a donné envie d'interpréter Un trou dans les nuages, version au féminin.

Je ne vous parlerai pas de tous mes autres contrats. Une prochaine fois peut-être. Et de mon rôle de présidente du RAFA. Une autre fois, ça aussi.

Merci à tous ceux et celles qui m'ont envoyé des voeux de fête. Je suis officiellement plus près de la quarantaine que de la trentaine. Rassurant. Et pour fêter ça, mon chum m'offre une machine à espresso. Une vraie, pas une bébelle qui fait du café tout liquide et sans crema. On est allé la magasiner en fin de semaine. La RANCILLIO SILVIA. J'en rêve. Mais je la trouve un peu dispendieuse. Mais mon chum me dit que 35 ans, ça n'arrive qu'une fois. Après le lave-vaisselle, je me dis, bah.

Sur ce, bonne nuit. Je répète à 9h demain matin.

18.2.08

Italia mia

Chaque année, pour moi, c’est la même chose. Au mois de février, mon sac à dos me démange, j’ai des fourmis dans le passeport, il faut que je parte en voyage. Ah… les vacances. S’obliger à prendre du temps off, voilà ce qu’il faut faire. Parce que la vie est trop courte, parce que le monde est trop grand et parce qu’il y a trop de beauté à voir de l’autre côté de sa clôture. Et puis les familles et les amis sont éparpillés à travers le globe, il faut bien aller jusqu’à eux parce que, de toute évidence, ce ne sont pas eux qui viennent à nous!

Voilà donc : nous passerons un mois en Italie et en France au printemps et quelques semaines, à la fin de l’été, au Québec.

Je suis déjà plongée dans mon Lonely Planet, section Italie, depuis l’achat des billets sur internet. Rome, la Toscane, la Riviera di Levante, Florence, Venise, peut-être visiter Marianne à Genève, puis Larochelle, Rennes, le centre-Bretagne, Paris… Un mois? J’en veux trois!

Heureusement, à mon retour, je dois me rendre à Vancouver pour quelques jours, question de réunionner avec la Fédération culturelle canadienne-française et assister au premier arrêt de la Francoforce, énorme spectacle national qui fera le tour du pays pour célébrer le 400ème de la ville de Québec.

Et vous, quels sont vos plans pour célébrer le 400ème? Irez-vous à Québec pour voir Céline? Ou monsieur Aznavour? Ou le gros show d’Ex Machina?

Ah… malheureusement, on ne peut pas être partout à la fois. Mais tenez-moi au courant!

12.2.08

That’s what FRIENDS (reruns) are for

Ils étaient cet après-midi en négociations finales pour mettre terme à une grève de près de trois mois et qui aura coûté plus de 2 milliards à l’industrie du cinéma et de la télé; les scénaristes vont enfin être équitablement rémunérés. Cette bataille des auteurs aura des répercussions positives pour tous les auteurs du monde et c’est pour cette juste cause que nous avons enduré avec patience les arrêts de diffusion de certaines séries télé ou l’annulation des Golden Globes par exemple (heureusement, ils se sont entendus avant de nuire à MES Oscars!).





Et puis, vous le savez, dans l’ouest du pays et principalement en Alberta, nous avons connu deux semaines de records de ‘frette intense’ (on ne peut pas parler de ‘froid’ avec des –46, je m’excuse). Qui dit ‘frette intense’ dit donc fréquentes soirées passées à regarder la télé en mangeant toutes ses réserves de boîtes de conserve et de surgelé (oubliez l’épicerie, oubliez le resto, oubliez le cinéma, oubliez les balades, on ne met le nez dehors que dans un cas de vie ou de mort). Sauf qu’à part la série sur les Lavigueur à Rad-Can, qui nous a captivés et occupés une heure par semaine… mon chéri et moi nous sommes retrouvés un peu pantois devant notre petit écran (ai-je mentionné que nous n’avons pas le câble?).


Par chance, nous avons découvert que la chaîne Citytv (chez nous, sur la 51, un peu perdue et captée grâce à nos oreilles de lapin), diffusait tous les soirs de 19h à 20h, de vieux épisodes de la série FRIENDS! Joie, bonheur et volupté! Moi, ça me rappelle de bons vieux souvenirs de mon époque de multi-colocation à la Centrale… et pour Seb, c’est la découverte de l’univers de Joey, Rachel, Ross et la bande! (Il n’avait connu que la traduc franchouillarde complètement nulle de la série faite en France il y a 10 ans…)

Quand on veut oublier les blues de l’hiver et du frette, quand on veut prendre ça relax en mangeant de la soupe en tétrapak, Friends, c’est vraiment le meilleur remède.

Hum... maintenant que la grève est finie, je me demande s'ils vont nous enlever nos vieux amis?

23.1.08

L’artiste torturé : la poule ou l’œuf?








Hier, on apprenait la mort de l’acteur Heath Ledger. Pendant que les Britney Spears, Amy Winehouse et autres célébrités toxicomanes font leurs frasques, c’est un acteur de 28 ans, apparemment sans histoire, qui se bousille la vie à coups de somnifères, d’antidépresseurs et autres substances illicites. Pas facile d’être une célébrité par les temps qui courent.



Est-ce parce que le nombre de paparazzi a triplé et qu’on médiatise tous leurs travers qu’on a l’impression que les stars vont de plus en plus mal ou est-ce, justement, parce que le marché des émissions et des magazines people a explosé que les vedettes, traquées et mis sous la loupe, deviennent de plus en plus déséquilibrées et malades?

L’éternelle question de la poule ou de l’œuf.



Bien sûr, des vedettes qui tournent mal, on en voit depuis la naissance du star-système. Qu’on pense à James Dean, Marilyn Monroe, Elvis Presley, Judy Garland, Michael Jackson ou Kurt Cobain, la liste est interminable. Qu’est-ce qui les pousse à s’autodétruire? Le star-système lui-même? Leur trop grande sensibilité (celle-là même qui fait d’eux des artistes), un manque d’encadrement, un entourage malsain qui les exploite et abuse d’eux?

Ou est-ce un manque d’amour fondamental et la découverte désespérante que la reconnaissance et la renommée mondiale ne guérissent pas la plus grande des carences affectives? Car même pour des artistes qui n’ont pas vécu sous les lampes du show-business, l’équilibre personnel est souvent fragile. Vincent Van Gogh, Virginia Woolf, Émile Nelligan, la liste est longue pour eux aussi…

Alors la question qui revient toujours : faut-il être torturé et suicidaire pour devenir artiste? Ou est-on forcément artiste lorsqu’on est torturé et suicidaire?

16.1.08

Jouer au docteur




Enfant, je n’ai jamais vraiment aimé jouer au docteur. Je me rappelle du kit Fisher Price qu’avait ma cousine Caroline, avec le stéthoscope rouge-jaune-bleu, le thermomètre qu’on pouvait tourner pour faire monter le mercure et la fausse seringue qu’on remplissait d’eau. On ne jouait jamais vraiment plus longtemps que cinq ou dix minutes, le temps d’utiliser une fois tous les instruments avant de passer rapidement à des jeux plus inventifs. Comme bâtir des abris avec les coussins des divans et faire des labyrinthes avec les pochettes des disques en vinyle. Ou jouer aux Barbies, bien sûr.

Je n’ai jamais vraiment aimé les émissions de télé qui prennent place dans les salles d’urgence non plus, et même si mes amis essaient de me convaincre de regarder Grey’s Anatomy, je ne réussis pas à m’attacher au monde de la médecine.

Faut dire que les bureaux de docteur ou les urgences ne sont pas des endroits familiers puisque j’ai très rarement été malade ou blessée (je cogne du bois) et mes rares visites à l’hôpital se résument à aller voir de la famille en convalescence. Pour vous dire franchement, à elles seules l’odeur et la couleur des centres hospitaliers créent chez moi un franc malaise. Pour ne pas dire un brin d’anxiété. Jusqu’à tout récemment, la visite annuelle chez le gynécologue, les interventions chez le dentiste, même les examens chez l’optométriste ont toujours été pour moi des moments purement désagréables.

Il est donc assez surprenant que mon expérience de comédienne m’ait amené, il y a quelques années, à devenir « Standardized Patient » pour la faculté de médecine de l’université. Payants et pas très compliqués, ces petits contrats de fausse patiente ont réussi à me guérir de ma phobie des soins de santé.

Jusqu’ici, j’ai joué une jeune maman dont le bébé ne veut pas manger, j’ai joué une étudiante atteinte d’hyperthyroïdisme, j’ai joué une ancienne party-girl qui veut se faire tester pour l’hépatite C et le VIH avant d’entrer à l’école de médecine, j’ai joué une gardienne de prison qui s’inquiète d’une toux sèche chronique. J’ai aussi servi de mannequin vivant pour que les étudiants s’entraînent à prendre le pouls et la pression, pour qu’ils sachent comment palper l’abdomen et même faire une mammographie! (En ce qui concerne les examens mammaires, je ne l’ai fait qu’une fois parce qu’on priorise d’abord les actrices qui ont plus de 45 ans… Je crois qu’il s’agit de ne pas créer de gêne chez les étudiants un peu trop ‘verts’. Ils ont pour la plupart entre 21 et 25 ans… certains n’ont pas encore beaucoup d’expérience de vie. Je repense à ce petit Chinois qui, je mettrais ma main au feu, n’avait probablement jamais touché à un sein de sa vie avant de tâter le mien! On me dit aussi que l’exercice est plus confortable pour les actrices qui ont des poitrines généreuses, question d’être parées de tissus graisseux résistants mieux aux mains maladroites et raides des étudiants nerveux. Cela dit, je respecte tout à fait ces critères de sélection, je suis heureuse d’avoir fait l’expérience une fois et de ne plus avoir à la répéter!)

Ce que je préfère dans ces contrats, ce sont les rôles écrits pour exercer les étudiants à faire l’historique du patient : familial, social, psychologique et physiologique. Les scénarios sont toujours assez loin de ma réalité (ce matin, je devais jouer une femme divorcée qui a décidé de retourner vivre chez ses parents pour reprendre des études en génétique) et les directives qu’on nous donne sont toujours trop limitées pour répondre à toutes les questions des étudiants. Il faut alors inventer, tout en étant crédible et cohérent. Excellent exercice de jeu et de composition de personnage!

En général aussi, les étudiants (souvent à leur première ou deuxième année d’études) sont super nerveux (je n’ai jamais serré autant de mains moites et glaciales), mais très sympathiques. Ce sont de jeunes gens intelligents et sensibles. Ça me rassure et assomme le cliché que, de nos jours, les jeunes médecins n’ont plus la vocation et ne songent qu’à faire du cash.


Je n’ai jamais aimé jouer au docteur, mais grâce au théâtre, j’ai appris à aimer jouer à la patiente. Hum… La vie ne cessera jamais de m’étonner.

9.1.08

Ennui hivernal

L'hiver est une prison. Rien de moins.

Moins on sort, moins on a envie de sortir.

J'attends une livraison de UPS depuis lundi matin. Du matériel photo du meilleur magasin du monde, le B&H de New York tenu par des Juifs. Ça fait deux fois que la madame de UPS nous dit qu'ils sont "short on staff" et que la deuxième tentative de livraison devrait avoir lieu aujourd'hui (évidemment, pour sa première livraison, le bonhomme UPS dans son suit brun et jaune a choisi l'heure précise durant laquelle il n'y a eu personne à notre appart vendredi dernier). Alors depuis lundi matin, je n'ose pas quitter la maison parce que la minute que je vais m'absenter la loi de Murphy va entrer en pratique et je vais retrouver un petit papier brun collé à la porte en revenant. C'est comme l'immanquable coup de téléphone dès que j'entre dans la douche.

Et il fait frette. Maudite marde, je déteste l'hiver. Et le mois de janvier.


Alors je ne sors pas, j'écoute Grand Corps Malade et je grogne.

7.1.08

Bye bye 07, welcome 08

Ma maman pense qu'on boude puisqu'on n'a pas écrit de blog très fréquemment cet automne, Seb et moi. J'ai dû lui expliquer le phénomène Facebook. C'est vrai, et je l'avais prédit, comme on y met souvent des photos et qu'on y change souvent nos 'statuts', on néglige franchement nos blogs et leurs fidèles lecteurs. Pourtant, j'aurais tout plein de choses à raconter, faut seulement savoir par où commencer.


Je commence donc par quelques photos de notre show du R.I.R.E., 13ème édition, présenté le 15 décembre dernier devant une foule record (on a dû ajouter des chaises aux deux balcons). On n'a pas les budgets stupéfiants de R.B.O. mais avec un glue-gun et l'accès au costumier poussiéreux d'une compagnie de théâtre, on peut faire des merveilles.



BILAN 2007
Le déménagement dans notre super appart de bourges, ma nouvelle responsabilité de présidente du Regroupement artistique, beaucoup de travail de mise en scène et la question constante bourdonnant autour de moi: to bébé or not to bébé. That is the question.

PROJETS 2008
Tenter de répondre à la grande question, bien sûr, mais en attendant travail travail travail. Avec l'augmentation des dépenses de vie due au boum, j'avais pris la chose avec philosophie en disant "il faudra juste travailler plus"... et l'univers m'a entendue. L'année 08 s'annonce occupée et stimulante avec plusieurs contrats de mise en scène (la Caravane théâtrale en régions, le Gala de la chanson, le Théâtre Action Justice et... le gros morceau - les cérémonies d'ouverture et de fermeture des Jeux de la francophonie dans le Hawrelak Park en août).

Et puis, une belle surprise, on m'a offert un rôle dans la prochaine pièce de l'UniThéâtre, Le cadeau d'Einstein. Je jouerai Clara, première femme du scientifique Haber, ami d'Einstein et inventeur de plusieurs armes chimiques utilisées en Allemagne durant les deux grandes guerres. Yé! Comme vous vous en doutez, ce n'est pas une comédie. (Et il y a définitivement quelque chose qui me prédestine à jouer les Allemandes, après Cinq ans de David Baudemont où je jouais Eva, la journaliste politique impliquée dans la faction armée rouge...) La première aura lieu le 3 avril à Edmonton.


LES BONS FILMS
On prévoit toujours pour les vacances de Noël de faire tout ce qu'on n'a pu faire pendant les derniers mois, et puis on se rappelle finalement que deux petites semaines entrecoupées de 6 ou 7 partys qui nous amènent à nous lever à midi le lendemain, ça ne nous laisse pas le temps de lire 3 bouquins, de repeindre 2 murs, de rempoter 4 plantes ou de faire le ménage de notre paperasse qui s'accumule depuis 5 mois. MAIS... au moins, j'ai vu des films. Et de très bons films. Mes recommandations cinoche, donc:

INTO THE WILD, film de Sean Penn, adaptation de l'histoire vraie de Christopher McCandless. Avec un aussi gros coup de coeur pour la bande sonore créée par mon amour de jeunesse, le sublissime Eddie Vedder.

JUNO, film de Jason Reitman, petit vent de fraîcheur, bon moment de feel-good-movie, avec la Canadienne Ellen Page, craquante. Excellent soundtrack pour ce film aussi. À voir si vous avez envie de revivre la découverte d'un petit film sans prétention, à la Little Miss Sunshine.

LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON, de Julian Schnabel, encore un film qui nous rappelle la beauté et la fragilité de la vie. Avec Mathieu Almaric, génial, et Marie-Josée Croze, pas mal du tout, même avec son accent français.

ACROSS THE UNIVERSE, de Julie Taymor, dont j'aime beaucoup le travail visuel, surtout dans le film Frida. Le film a eu des critiques plutôt tièdes, mais si vous aimez la musique des Beatles et si vous ne pouvez pas vous payer une visite à Vegas pour voir Love, pourquoi pas.



Et pour terminer cette note décousue...


MA CHÈRE SIMONE...
Le 8 janvier, c'est le 100ème anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir et, pour fêter ça, et mousser les ventes, le Nouvel Observateur la met en page couverture, fesses à l'air. Une très belle photo en noir et blanc prise à Chicago par un ami photographe de son amant Nelson Algren en 1952.

4.12.07

Life is what happens when you're busy...

Blâmons Facebook, oui, un peu tout de même, blâmons aussi le boum économique de nous faire travailler autant, blâmons le bel automne que nous avons eu (jusqu'à la vague de froid d'il y a quelques jours), blâmons la démission du président du Regroupement artistique francophone qui m'a obligée à reprendre le poste par interim, blâmons les arts, blâmons les amis, le Theatre District, le nouvel appart! Les semaines et les mois ont passé et j'ai bien négligé ce blog. J'en suis désolée!


Comme le chantait John Lennon, Life is what happens to you while you're busy making other plans...

Voici quelques images pour me rattrapper et vous raconter ma vie des derniers temps.


Une de mes scènes préférées dans la Caravane théâtrale, chorégraphiée sur la musique de Jason Kodie. Les femmes de La Colonie prennent le contrôle de l'île...

Tous les comédiens de La Colonie, le soir de la générale. Avec les magnifiques costumes de l'Opéra d'Edmonton.


Et oui, je vous promettais des photos du nouvel appart depuis longtemps, en voici quelques-unes (mais, comme on dit toujours quand on fait visiter: "regardez pas le ménage...", "on n'a pas encore fini la déco..." - ça, c'est vrai par contre...).


Ah... Mon nouveau bureau... (ma machine à espresso n'a jamais autant servi!)


Et la Gang du R.I.R.E. ...

Nous avons écrit et présenté un show pour le Congrès santé et bien-être en novembre et, présentement, nous sommes en répétitions intensives pour le show du 15 décembre sur la scène, en rediffusion à la radio de Radio-Canada le 31 décembre: une revue humoristique de l'année, oui, vous l'avez compris, une espèce de Bye Bye franco-albertain!


Alors, sur ce, "bye bye"!

20.11.07

La première neige

Même si on sait que dans quelques semaines toute la magie sera disparue, même si on sait qu'on en a encore pour six mois, même si on n'oublie qu'on doit désormais remiser nos chaussures au placard, même ça peut virer en slush, en bouette, en glace ou en verglas...

la première neige... C'est tellement joli.

Et ça donne envie d'aller rouler un bonhomme de neige puis de revenir à la maison et se rouler nous-mêmes en boule sur le divan pour regarder les petits bonshommes à la télé en buvant un chocolat chaud.

(soupir)

Allez. Au boulot.

12.11.07

Congé?

Lundi 12 novembre.

Aujourd'hui, Seb a 28 ans. C'est congé en raison de l'armistice/jour du souvenir, je ne sais plus trop comment l'appelle celui-là, mais tout ce qui compte c'est que ce soit congé.

En fait, mon premier pseudo jour de congé à moi depuis des semaines, pseudo parce qu'en fait, je travaille avec une comédienne cet après-midi et nous répétons avec tout le groupe de la Caravane théâtrale toute la soirée. Bon, disons que j'ai quelques heures à moi et que j'en profite pour donner signe de vie sur ce blog...

Bref, le travail, depuis quelques semaines, c'est la folie! Et pour ajouter à la mosaïque complexe de mes contrats, on m'a refilé la présidence par interim du Regroupement artistique francophone de l'Alberta.

Je respire toujours, ça doit être bon signe.

17.10.07

Notes pêle-mêle

J'ai toujours aimé penser que, quand on met quelque chose par écrit, on en conjure le sort. Par exemple, dans ma note de septembre, j'ai annoncé LA journée de l'automne, insinuant que tout était fini, qu'il n'y aurait pas de transition entre l'été et l'hiver et que la neige nous tomberait sur la tête trop tôt comme l'an dernier. Eh bien, juste pour me contredire, l'univers nous a envoyé jusqu'ici un automne merveilleux. Beaucoup de soleil et des températures frôlant les 15 degrés tous les après-midis. (Bon, et maintenant que je viens d'écrire cela, il va neiger demain?)

**********

Et Facebook?

Je me suis peut-être fait des peurs bien injustifiées là aussi puisque je dois dire que l'obsession n'a pas duré trop longtemps. On m'avait dit "tu vas voir, le trip dure une semaine", certains m'avaient dit deux. Je pense que j'ai été survoltée tout au plus... 36 heures. Juste le temps de reconnecter avec tous les vieux amis, ceux de toutes les tranches de ma vie (les amies du Québec - tranche adolescence/université; les amis de la Centrale et de la Fac - 1994/2000; les amis des arts et de la francophonie; les amis présents et le réseautage connexe). J'ai même retrouvé un camarade de l'époque backpacking rencontré en Grèce en '97, mais après un message pour se dire 'coucou, wassup?', nous voilà déjà retournés dans notre bulle personnelle, dans notre petite vie à des milliers de kilomètres l'un de l'autre.

Parce que finalement, Facebook, c'est pas bien différent de tous les autres modes de communication électroniques, courriels, msn, Myspace ou blogs. Il y a ceux qui t'écrivent ou te lisent régulièrement et il y a ceux qui se tannent après un message. Il y a donc ceux qui s'inscrivent un jour et n'y retournent plus pendant des semaines et il y a ceux qui changent leur profil à tous les jours.

On publie toutes sortes d'études sur le phénomène Facebook depuis quelques temps et, paraît-il, deux pôles motivateurs guident la participation des Facebookiens: le besoin d'attention et le désir de communiquer.

Hum... Je suis d'accord avec ça.

Je ne travaillerais pas dans les arts si je n'avais pas un tout petit peu besoin d'attention et une envie insatiable de m'exprimer, non?

******************


J'ai repris depuis quelques semaines la barre de ma chronique cinéma à la radio de Radio-Canada. Une semaine sur deux, le vendredi à 16h20, je suis l'invitée d'Eve Marie Forcier à l'émission Le Quotidien pour discuter du film à voir (ou ne pas voir).

Cette semaine, je suis allée voir "The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford" avec le beau Brad. Le film a été tourné en grandes parties en Alberta, plus précisément dans les Foothills près de Calgary et au Fort Edmonton. Exceptionnellement, j'en parlerai aussi ce soir au Téléjournal Alberta avec le chroniqueur culturel Kevin Sweet. Si vous voulez savoir si Mr. Pitt a des chances de gagner l'Oscar cette année, gardez l'antenne!

9.10.07

I've been Facebookhooked

Je résistais... je résistais...

mais voilà, j'ai faibli, j'ai plié, j'ai été tentée et j'ai capitulé, j'ai jeté l'éponge, j'ai fait le grand saut, me voilà comme plusieurs d'entre vous portée par la vague (que dis-je, le raz-de-marée) Facebook...

Bon, laissez-moi quand même quelques jours pour apprivoiser le format, je me suis inscrite il y a une heure seulement, et déjà tout plein d'amis m'ont fait signe... Chouette!

Je vais tenter de mettre quelques photos dans les heures qui viennent. En plus d'inscrire les évènements artistiques auxquels je prendrai part dans les mois à venir.

À suivre...

1.10.07

Loreena à l'Alhambra


J’ai découvert Loreena McKennitt il y a plus d’une dizaine d’années. Je ne me rappelle plus comment, ni par qui ou par quoi, mais ça m’a immédiatement plu. The Book of Secrets est un album que je ne range jamais depuis que je l’ai acheté en 1997. Comme la plupart des albums de Loreena McKennitt, celui-ci est inspiré d’un grand voyage et ça tombait à point dans ma vie puisque je venais justement d’avoir la piqûre des voyages moi aussi.

Entre temps, Loreena a connu une grande tragédie. Son amoureux est mort noyé. Elle s’est donc fait très discrète pendant plusieurs années, cherchant toujours dans les voyages l’inspiration et la guérison. Elle est de retour en musique depuis l’an passé avec un nouvel album et elle vient juste de sortir un coffret live d’un spectacle qu’elle a donné à l’Alhambra de Grenade.

J’ai voyagé pendant un mois en Espagne à l’automne 2003. C’était tout de suite après les grandes canicules estivales d’Europe. L’Andalousie, qui est normalement clémente et sèche en octobre, était noyée sous le déluge. Je voyageais seule et les pluies intermittentes rendaient mon itinérance un peu difficile. J’ai vu Séville sous la pluie, Cadiz sous les vents et les averses, Gibraltar dans la tempête, même à Cordoba le soleil n’a pas daigné se montrer le bout du nez (heureusement que la superbe Mezquita est recouverte). Puis j’ai rencontré une voyageuse néo-zélandaise, Cathy, qui, elle aussi, avait les blues de la pluie. Comme nous nous dirigions toutes les deux vers l’est du pays, nous avons décidé de visiter ensemble l’Alhambra, vraiment heureuses de pouvoir partager cette visite incontournable avec quelqu’un. Et, comme par magie, quand nous sommes arrivées à Grenade, le beau temps est revenu.

Nous avons passé une journée entière dans l’enceinte de l’Alhambra, discutant de tout et de rien, commentant la beauté dont nous étions témoins, la magie de l’endroit, le bonheur d’avoir les yeux éblouis par le soleil. Les merveilleux plans d’eau, le détail des arches maures, les jardins fabuleux... Je peux facilement affirmer que j’ai bu à l’Alhambra le meilleur espresso de toute ma vie. Et j’ai autant aimé la splendeur générale du site que le quartier qui y fait face, l’Albaicin, où sont coincées dans le flan de la montagne des milliers de petites demeures de chaux blanches à travers des ruelles tortueuses en vieilles pierres.

À cette époque, je n’avais pas d’iPod ni aucun moyen de voyager avec de la musique, mais en visitant l’Alhambra, j’avais dans la tête ‘Marco Polo’, une des pièces instrumentales de Loreena McKennitt. Ces airs-là me donnent toujours envie de danser le baladi. Faute de danser sur des sons arabes ou de s’improviser danseuses de flamenco parmi les touristes, Cathy et moi, après notre journée à l’Alhambra, nous avons bien profité d’une soirée de tapas dans un petit bar du centre de Grenade.

Si vous avez la chance de voir Loreena McKennitt en concert ou de vous procurer son dernier DVD live à l’Alhambra, n’hésitez pas une seconde. C’est un grand voyage qu’il ne faut pas manquer.

27.9.07

Petit message pour vous rassurer

Oui, je sens le devoir de blogger aujourd’hui pour confirmer que tout va bien et que je ne me suis pas perdue dans les pièces de ma nouvelle demeure. Les dernières semaines ont été éprouvantes au niveau travail, le mois de septembre a été celui des démarrages difficiles. TOUS les projets sur lesquels je travaille semblent avoir du mal à avancer, j’ai beau peser sur le gaz, le moteur fait pouet pouet… Mais je sais que nous allons nous rendre à destination, il faut juste que l’engin se réchauffe un peu… Bon, il faut vraiment que je sois dans un état d’écoeurantite intense pour emprunter des métaphores à la mécanique automobile, mais n’ayez crainte. Je devrais me retrouver sur mes pattes très vite! (Vives les piétons).

Pour vous éclairer légèrement sur mes acrobaties artistiques, je dois vous préciser que je jongle trois contrats de mises en scène en même temps, deux de théâtre et une de spectacle multidisciplinaire, en plus d’écrire un show d’humour avec ma gang de fous et de me faire ausculter par des étudiants de médecine et de prêter ma voix à des programmes de mathématiques sur internet pour le ministère de l’éducation. Dans le cas des mises en scène, c’est la recherche de comédiens et de compétences techniques qui s’avère toujours le plus ardue (je vous rappelle que nous sommes en Alberta et que la pénurie de main d’œuvre frappe aussi le domaine des arts), dans le cas du show multimultitout, et bien, c’est une trop longue histoire, mais en gros, nous avons dû changer tout le concept pour accommoder un manque de disponibilité de salle et… de techniciens (en plus de nombreux malentendus entre les divers intervenants qui produisent et diffusent l’événement – pour ceux et celles qui travaillez dans la francophonie, vous devez lire entre les lignes).


MAIS sinon, tout va bien. Je suis hormonalement détraquée, boutonneuse et testostéronée (les médecins qui nous prescrivent la pilule pendant 15 ans ne nous mentionnent jamais que, lorsqu’on arrête, les surprises nous attendent), c’est la pleine lune et les feuilles sont jaunes dans les arbres.


Mais tout va bien.

Surtout qu’un bon ami avec de très bons contacts nous a déniché des billets pour aller voir le show de LOREENA McKENNITT ce soir. AAAAAHHHhhhhhhhh!!!!

Je vous en reparle dès que possible.


p.s. j’avais envie de mettre une belle photo pour accompagner ce blog, alors voilà ce que je vois de mon bureau et qui me rassure et me rappelle que si mes cycles à moi sont détraquées, ceux du temps sont toujours fidèles… La belle horloge de l’ancien bureau de poste de la Whyte Avenue. À cette adresse, on trouve maintenant un petit resto italien qu’on aime bien, le Chianti’s et le Billiards Club, où on ne va jamais parce que, franchement, moi, les pools...

13.9.07

L’automne albertain : ma journée préférée

J’ai toujours prétendu que ma saison préférée était l’automne. Probablement parce que, dans la province qui m’a vu naître, l’automne est la saison la plus somptueuse, la plus colorée et la plus romantique. Depuis que je me suis exilée et après de nombreux voyages dans des contrées ensoleillées et au climat sec, j’ai découvert ma nature méditerranéenne, les bienfaits de la lumière sur mon mental et surtout la légèreté qui m’enivre quand je ne suis pas accablée par l’humidité. Je n’ai pas vécu l’automne québécois depuis quatorze ans, ce qui se résume à dire que je n’ai pas vécu d’automne tout court depuis quatorze puisqu’en Alberta, l’automne, ça n’existe pas. Un jour, vous êtes en été, le lendemain, c’est l’hiver. (Vous vous apercevez subitement que les feuilles ont jauni tout d’un coup et sont tombées au sol pendant une de ces nuits venteuses typiques du mois de septembre, et voilà, on n’en parle plus, les arbres sont tout nus comme ils le sont de toutes façons 9 mois sur 12, la neige est à nos portes, et les bonheurs d’été, eux, sont déjà au rang des souvenirs lointains.)

La plus belle saison de ma jeunesse n’existe donc pas par ici, sauf peut-être par une journée comme aujourd’hui.

Mi-septembre, mi-semaine, mi-habitué à la routine de la nouvelle année du calendrier scolaire, on se lève un matin et Environnement Canada annonce un maximum de 7 degrés. À dire vrai, sur le site de Météo Média, on précise que la température ressentie est de –1 degré Celcius. On jette un coup d’œil dehors. Les gens ont remonté le col de leur veste, ils ont croisé les bras pour se réchauffer, rentré la tête dans leurs épaules, ils marchent d’un pas pressé, soufflés par le vent qui les plie presque en deux. On entend presque leur surprise, leur incompréhension, what the f**, comment peut-il faire aussi froid quand hier il faisait 22 degrés… Ceux qui portent encore leurs sandales se disent qu’ils vont attraper la crève, ceux qui ont pensé mettre un manteau regrettent de ne pas avoir apporté de gants.

C’est l’entre-deux saisonnier par excellence. On se demande quoi mettre, on n’a pas envie de sortir de la boule à mites nos pantalons de cor du roy, alors on enfile les deux ou trois premiers chandails de laine qui nous tombent sous la main et on enroule son écharpe d’été trois fois autour de son cou et on sort, tentant le tout pour le tout. Et, là, bien que l’on devrait être assommé d’un lourd coup de déprime, on se prend à trouver ça… merveilleux. On se balade dans le tourbillon des feuilles mortes, on se remplit d’une mélancolie romantique, on se voit, comme dans l’œil de la caméra de Woody Allen, embrumés dans nos complexités d’artistes, traversant Central Park pour chercher l’inspiration, les cheveux un peu gras et vêtu comme Annie Hall avec ses vestons d’homme et ses vieux chapeaux. On est assailli des meilleures idées de romans à écrire, on a des révélations sur la vie, on a envie de passer la journée à siroter du café dans un petit bistro européen en lisant Prévert ou d’aller visiter ce musée qu’on se dit qu’on devrait aller visiter un jour.

C’est la journée annuelle de l’automne albertain, alors il faut en profiter, elle arrive sans crier gare et repart aussi vite.

6.9.07

Clé de boîte postale, lave-vaisselle et autres préoccupations bourgeoises

Et bien, nous voilà installés au Heritage House. Plus que quelques cartons à défaire et des dizaines de photos à clouer aux murs et on aura presque l’impression de vivre ici, chez nous, et non pas à l’hôtel.

Six jours après l’emménagement, l’appartement se trouve peu à peu une âme, au fur et à mesure qu’on laisse nos traces de pièce en pièce, avec chaque va-et-vient qu’on effectue parce qu’on cherche encore où on a rangé nos machins, tout comme à chaque fois qu’on crie « Quoi? J’t’entends pas! » parce qu’on avait l’habitude de se parler aux quatre coins de notre ancien studio et que maintenant on aurait besoin d’un intercom ou de walkies-talkies. On vit dans l’espace, mes amis. L’espace spacieux.

J’ai fait l’expérience de ma première vidée de lave-vaisselle ce matin. Grandement déçue, je vous avoue. Encore une question spatiale peut-être, mais je crois que nous devons encore apprendre à bien disposer les morceaux à nettoyer en fonction du jet d’eau du dit lave-vaisselle. Les grumeaux au fond des verres étaient nombreux et la spatule à barbecue encore toute croustillante de sauce fromagée. J’ai dû tout relaver et j’ai trouvé que la promesse bourgeoise d’un monde meilleur miroitée par ce machin-laveur était une fourberie des plus frustrantes.

Autre crise matinale : au programme de mon jeudi, de nombreux rendez-vous dans le quartier francophone pour mettre en branle trois projets de mises en scène. Vers 8h15, toute prête à affronter la balade pluvieuse de la Whyte à la Marie-Anne-Gaboury, je cherche mes clés. Même après seulement six jours, je sais qu’elles devraient se trouver sur le petit crochet près du futur téléphone de l’entrée. Le petit crochet est tout nu. Je vérifie les poches de mon sac. Vides. Je regarde par terre, à travers le rack à souliers et les chaussures de mon époux, je garoche par-dessus mon épaule ma collection de Mary Janes chinois, j’ouvre au hasard deux ou trois tiroirs de la cuisine, le frigo au passage, mon pouls s’accélère, j’essaie de retracer mes allers et venues de la veille et puis… je clique. Mon charmant époux a pris mon trousseau de clés hier soir pour aller ramasser le courrier, car l’unique clé de la boîte postale s’y trouve. Le dit trousseau de clés est fort probablement encore accroché au sien. Dans son sac de travail. Au travail. C’est-à-dire sur un chantier, à Sherwood Park. C’est-à-dire à 40 minutes d’ici en voiture.

J’ai sacré et fouillé toutes les poches des jeans et des manteaux de la maisonnée pendant une demi-heure, au cas où, puis j’ai jeté l’éponge et je me suis résolue à annuler mes rendez-vous et à passer la journée dans l’appart.

À FAIRE CE WEEK-END : des copies de la clé de la maison à laisser chez Kevin et Lisette.


Mais finalement, la journée a été positivement productive. J’ai fait un café avec ma minable petite machine à espresso et, speedée comme une victime du syndrome de Tourette sur le Ritalin, j’ai fini l’installation de mon bureau et j’ai répondu à tous mes engagements annulés par téléphone et courriels.

J’attends maintenant le conteur Roger Dallaire et le violoniste Daniel Gervais qui doivent venir me rencontrer ici pour une réunion de production.

Si ça se trouve, je n’aurai plus jamais besoin de mes clés puisque je n’aurai plus jamais besoin de sortir de mon nouvel appart.


À surveiller, bientôt sur ce blog, une petite vidéo de ce nouvel appart. Une vidéo de l’espace, mes amis. L’espace. Spacieux.

29.8.07

Démantèlement

Ça fait drôle de voir le décor des quatre dernières années de sa vie s'évanouir un morceau à la fois. Les murs sont tout-nus, les bibliothèques sont vides, les planchers sont déshabillés, la poussière vole dans l'air.

Le soleil illumine mon petit salon jaune pendant que je gratte le fond de mon pamplemousse rose.

Une petite capsule nostalgie pour mon studio aux planchers de bois franc. Un tonique matinal pour un futur plus grand et plus haut. 1200 pieds carré au 6ème étage, en plein milieu du Vieux Strathcona...

Je retourne faire des boîtes!