8.2.07

Les Sartorialistes

Bien souvent, quand je vis une période plutôt calme au niveau du travail, ou quand je vis une phase d’introversion, ou quand l’hiver n’en finit plus, bref, quand je m’emmerde, j’aime me plonger dans une quelconque obsession afin d’occuper mon esprit. Le sujet choisi se transforme alors en une recherche approfondie ou tout simplement une sorte de béguin qui me fait du bien.

Il y a quelques années, j’ai eu une phase « cinéaste ». Don McKellar et Mathieu Kassovitz, entre autres (ai-je besoin de mentionner que j’étais aussi célibataire à ce moment-là?). Je m’arrangeais pour voir tous leurs films et lire tout ce qui avait été publié sur eux. Je me berçais de leurs oeuvres. Adolescente, j’ai eu des obsessions musicales : à 15 ans, je découvrais la musique des Beatles et je lisais toutes leurs biographies dénichées à la bibliothèque municipale de Trois-Rivières-Ouest. Puis, il y a eu Paul Piché. Et Jacques Brel.

Quand j’étais moins en manque de jolis monsieurs, j’ai eu des obsessions littéraires : l’œuvre de Beauvoir a occupé plusieurs périodes d’ennui et plusieurs lectures de voyages sur une échelle de trois ans. Puis il y a eu Nancy Huston, ses essais et ses romans.


Depuis quelque temps… j’ai un trip « street fashion ». Bon, je l’avoue, ce n’est peut-être pas aussi ‘noble’ que le cinéma ou la littérature. Ou même les classiques musicaux comme le Fab Four. Mais c’est très accessible et ça me donne l’impression de voyager. Depuis l’arrivée des blogs, des obsédés de mode ont commencé à photographier des gens de la rue, ceux qui ont du style, du charme et surtout de la personnalité. New York, Londres, Paris, Barcelone, même Helsinki, toutes ces villes ont des blogueurs passionnés, armés d’appareil photos numériques, qui chassent des looks pour ensuite les afficher sur le net. Pour les gens qui, comme moi, considèrent que les vêtements (peu importent leurs provenances ou leurs coûts) sont une extension de la personnalité et une expression de la créativité, c’est évidemment un délice de voir tous ces individus sourire à la lentille dans toute leur authenticité et leur originalité.


Les chasseurs d’images sont, pour la plupart, bien au courant des vagues mondiales du milieu de la mode. La mode dans le sens de FASHION. Je parle de ces grands noms qu’on ne pourrait jamais se permettre d’acheter. Chanel, Prada, Armani, Marc Jacobs, etc … Alors ils nous parlent des nouvelles collections Fall/Winter 07-08 (oui, alors qu’on rêve encore de voir arriver le printemps et l’été 2007, ils en sont déjà à la saison suivante). Ils couvrent la Fashion Week de New York. Ils nous montrent la nouvelle collection de Marc Jacobs qui a finalement mis de côté son trip néo-grunge pour aller vers des lignes sophistiquées et des chapeaux en cloche. Certains se plaisent aussi à rire des mauvais choix vestimentaires des vedettes et vénèrent celles qui ont la beauté naturelle et les meilleurs stylistes.


Je sais, je sais, tout ça est, d’une certaine façon, plutôt superficiel… Je ressens le même plaisir nono, presque honteux, en lisant certains blogs qui parlent des tresses de Sienna Miller ou des leggings des jumelles Olsen que lorsque je regarde Entertainment Tonight! Mais que voulez-vous, c’est tellement l’fun!

Par contre, à ma défense, je dois vous avouer que, quand j’ai trouvé le site web de Marc Jacobs et que j’ai lancé son dernier défilé sur mon ordi… je suis tombée en bas de ma chaise. Et j’ai souhaité, vraiment souhaité, pour la première fois, de pouvoir assister, un jour, à un show d’un grand designer. Quelle mise en scène! La lumière, le son, le décor, la chorégraphie, et tous ces ‘acteurs’ (anorexiques, et oui) qu’on a costumés et maquillés et dirigés pendant des heures, en répétitions et en coulisses… j’ai été éblouie. Du grand théâtre! Du grand spectacle, avec un public fébrile qui se délecte et encense ou attaque avec une brique et un fanal. Des applaudissements, des ovations ou des bouhouh et des déceptions. Quel show.



Les designers sont de grands artistes qui se confrontent à un marché archi-dur, à une jungle sauvage. Qu’ils puissent y survivre et se renouveler et séduire à chaque nouvelle saison, je trouve ça vraiment admirable. Et je comprends bien mieux pourquoi tant de gens en font une obsession. Ou un blog.

Alors, je vous en conseille quelques-uns, si jamais vous avez du temps à perdre ou envie de rêver un peu. Et ça coûte moins cher qu’une visite chez Holt Renfrew.


The Sartorialist
Mon préféré, bien photographié, bien écrit. Scott Schuman nous ajoute une entrée à tous les jours. En plus, il photographie souvent les défilés européens, alors il nous emmène avec lui à Paris, Milan, Londres, etc. Style.com et GQ magazine publient souvent ses photos. Qu’est-ce qu’un « sartorialiste »? Quelqu’un qui a développé son style pour l’aider à exprimer sa personnalité.
www.thesartorialist.blogspot.com


The Style Scout
Un autre site génial, à Londres celui-là, avec de nombreux docu-vidéos de street fashion.
www.stylescout.blogspot.com


Fashion Verbatim
La bitch de service pour le monde de la mode. Il ne fait pas vraiment de « street fashion », mais il est au courant de tout, vedettes et nouvelles collections. Il reprend souvent des articles des sites de mode ou des magazines. Une bonne façon de tout voir sans gaspiller de papier.
www.fashionverbatim.blogspot.com


Face Hunter
Le « dévisageur » est un mec d’origine suisse installé à Paris. Un vrai original, un flyé, qui chasse des spécimens tout aussi spéciaux que lui. Pas mal jet set mais dans des partys pas piqués des vers, de Rio de Janeiro à New York en passant par Hambourg.
www.facehunter.blogspot.com


Picturing Fashion
Pas souvent renouvelé, mais… c’est Barcelone. Alors je suis vendue.
www.picturingfashion.blogspot.com



Bonne obsession.

2.2.07

Mes amies les marmottes

Bon, c'est le jour de la marmotte. Ou, devrais-je dire, des marmottes. Il paraît que les trois marmottes, enregistrées et approuvées scientifiquement (je suppose... hum) pour faire la prédiction du printemps hâtif, n'ont pas vu leur ombre. Yé.


C'est que... l'hiver commence à être pas mal long pour nous à Edmonton. Ça a commencé mi-octobre et, encore ce matin, on se tape un joli -29 degrés à cause du vent du nord. De la poudrerie et de la neige encore cette semaine. Arrggghhhh... Vous expliquerez peut-être ainsi mon manque d'inspiration pour ce blog. Je suis comme un cactus, moi, en hiver (mes jambes non rasées le prouvent), j'ai besoin de soleil et de chaleur.

Mais Punxsutawney Phil et Shubenacadie Sam et l'autre là, de l'Ontario, Wiarton Willie, elles ont toutes les trois annoncé que le printemps allait venir plus tôt cette année. Ou peut-être qu'elles ont assisté à la conférence sur les changements climatiques et qu'elles aussi savent très bien que c'est le point de non-retour. Les printemps, ils vont effectivement être de plus en plus de bonne heure sur le piton.

Le pire, c'est qu'on ne peut même pas s'en réjouir. Alors je vais faire comme mes amies les marmottes, je retourne hiberner pour quelques semaines.

Bon hiver.

25.1.07

Basketball diaries





Depuis l’an dernier, je fais partie d’un cercle d’écriture qui regroupe 5 femmes de différentes générations (nous avons entre 33 et 75 ans) et de plusieurs origines (Magali a grandi à Paris; Jocelyne est arrivée du Nouveau-Brunswick; Pierrette est une francophone du nord de la province et Nathalie a quitté le Rwanda à cause du génocide). Nous avons tout de même plusieurs choses en commun, les plus importantes étant que… nous sommes des femmes, nous sommes francophones et nous vivons à Edmonton. Nous écrivons ensemble dans le but de publier un recueil de nos textes; poèmes, nouvelles et récits autobiographiques.

Il y a quelques semaines, pendant un remue-méninges d’écriture sur l’adolescence des filles, j’ai eu un flash. Le basket. La plupart de mes souvenirs d’adolescence tournent autour de mon expérience de basketballeuse.

Hum… Je vous entends d’ici :

… han… ?!

Pour les lecteurs qui ne connaissent pas mon « autre vie » (celle qui précède mon arrivée en Alberta à 21 ans), je vous préviens : noyez votre scepticisme! Je ne fais même pas 5 pieds et 1 pouce. C’est vrai. Je n’ai pas le profil très sportif. Je vous l’accorde. Et à vrai dire, je ne suis pas du tout compétitive. Mais je vous le jure, j’ai réellement à mon compte 7 années de basket et même 2 années en tant que coach.

Eh.


1982-83

Tout a commencé à cause de mes frères. Ils jouaient au basket. (Et au hockey, et au baseball, et au soccer, et au football…). Mais le basket, c’était vraiment cool. Pour les filles aussi. Mon père avait cloué un panier de basket sur le toit de la remise et mes frères m’ont donné le droit de toucher au ballon (les patins blancs n’étaient pas admis sur la patinoire quand les boys jouaient au hockey et ma seule expérience de baseball se résume à recevoir un bâton de métal sur le nez parce que « j’étais dans les jambes », c’est-à-dire, derrière mon frère, quand il a batté…). Mes frères m’ont même permis de lancer au panier. Et ils ont été impressionnés : j’avais un talent inné, une très bonne technique de lancer! Gonflée de fierté, j’étais toute oreille quand ils m’ont alors appris à faire des « lay ups » et à dribbler (pas évident sur le gazon parcellé de pierres des champs, mais parfois on avait l’asphalte du « car pot » quand les voitures étaient sorties).

Puis, mes copines d’enfance Julie et Marie-Claude ont embarqué dans le trip. Nous avons d’ailleurs abandonné les Jeannettes pour nous consacrer uniquement au… mini-basket (le basket à l’école primaire). Finis les jeux de macramé dans un sous-sol et les chansons de Jésus autour du feu, nous faisions partie d’une équipe, d’une ligue, nous avions un vrai coach, des pratiques et des tournois.

C’était la belle époque des années 80, la roulathèque et le disco n’étaient plus tendance, maintenant c’était les chandails chauve-souris en coton ouaté, les leggings, les bottines Converse et Nike, sans oublier les bandeaux et les poignets de réchauffement en ratine. Nous étions des sportives, nous n’avions plus rien à envier aux garçons.


L’école secondaire

J’entre ensuite au Collège Marie-de-l’Incarnation. Les ursulines qui enseignent encore se comptent déjà sur les doigts et les laïques mènent la baraque, mais le programme de sports est un des meilleurs en Mauricie. À cause de ma super technique de lancer, j’ai toujours été sélectionnée pour jouer dans les meilleures équipes (nous participions à des ligues provinciales), mais comme je n’étais ni rapide, ni grande, ni bonne, je deviens vite une « bencheuse »professionnelle (traduction : je « jouais sur le banc »… traduction : je ne jouais pas beaucoup). Mais j’aimais l’expérience sociale qu’était le basket et j’ai souvent été capitaine de mon équipe. Faut croire que j’avais du leadership et que je savais être amie avec toutes mes coéquipières.

D’ailleurs, je pense que c’est grâce au basket, à mon expérience en tant que joueuse, capitaine et coach, si j’ai développé les aptitudes nécessaires au travail de mise en scène et de direction artistique. J’ai appris à travailler en équipe, à diriger un groupe et j’ai développé des techniques pour entrer en contact avec chacun selon sa personnalité et sa façon de travailler… Quand on y pense, il n’y a pas beaucoup de différences entre donner un bon show et jouer un bon match. On pratique, on s’entraîne, on travaille en équipe, on a le trac et quand le temps est venu de performer… on donne son 150%.


La crise d’adolescence

Quand je pense à mes années de basket, je me rappelle surtout des larmes et des rires dans les vestiaires, avant ou après un match ou une pratique. Des larmes parce qu’on avait perdu contre des pas-bonnes qu’on battait habituellement haut-la-main. Des larmes pour des peines d’amour. Des larmes à cause d’une mauvaise note dans un examen de chimie. Des larmes parce que des parents divorçaient. Des rires pour des histoires de gars complètement colons. Des rires remplis de larmes en criant « tous des chiens! ». Des rires de nervosité en entrant illégalement dans les catacombes secrètes sous le collège. Des rires amoureux en regardant les mecs (plus vieux) du Séminaire jouer au tournoi du Takefman. Des rires en apprenant que les « chanteurs » de Milli Vanelli sont vraiment des twits. Des rires en se rappelant que deux ans plus tôt on trouvait Patrick Swayze tellement beau.


On était des vraies adolescentes. Parfois charmantes et parfois méchantes. En pleine quête d’identité et d’harmonie. Des montagnes russes d’émotions et d’hormones. On avait un kick sur le coach pendant une minute, la minute d’après on le haïssait pour le tuer. On s’inventait des rivalités avec les équipes des polyvalentes parce qu’on pensait qu’elles nous haïssaient parce qu’on allait à l’école privée. On attachait nos cheveux coupés en dégradés avec du tape blanc athlétique pour cacher nos barrettes de métal qui étaient interdites par les arbitres. On se faisait des confidences, on se trahissait, on bitchait, on se chicanait puis on se réconciliait. Parce que dans le fond, on s’aimait.


Je me rappelle aussi de tous ces longs moments d’attente. On attend beaucoup quand on est adolescent. On attend que l’adolescence finisse surtout. Mais on attend d’abord le début de la pratique après les cours. On attend notre lift après la pratique. On attend le bus pour aller au centre d’achats toutes ensemble. Et pendant tout ce temps, on parle. On grandit. Ensemble. Pendant tout ce temps, au moins, on n’est pas toutes seules.


Le choix de Josée

Je dois par contre l’avouer, c’est peut-être aussi à cause du basket que ma carrière artistique a été si lente à se concrétiser. J’ai fait beaucoup d’impro et d’animation à l’école, j’ai aussi joué dans des pièces avec le cours d’art dram. Mais au collège où j’allais, LE SHOW qui pouvait nous lancer sur la bonne voie si on avait la vocation artistique (ce que je n’admettais pas encore) avait lieu en secondaire 5. En collaboration avec le Séminaire de Trois-Rivières, les élèves montaient une comédie musicale de très grande envergure. Il fallait passer des auditions, chanter et jouer, et les répétitions s’étendaient de septembre à mai jusqu’aux représentations qui avaient lieu à la Salle J-Antonio Thompson, attention, mes amis. Il fallait donc faire un choix : jouer au basket… ou faire partie de la comédie musicale.


Une dernière année avec ma gang de filles avant de se séparer pour le Cégep, une dernière année à jouer au basket avec mes meilleures amies, mes coéquipières… je ne pouvais pas les laisser tomber pour aller faire du théâtre! Alors oui, j’ai choisi le basket.



Et puis, la vie continue…

Quand le Cégep arrive enfin, peu d’entre nous continuent à jouer au basket. Petit à petit, le basket disparaît de nos vies… L’adolescence est finie.


À 16 ans, j’avais choisi le basket au lieu du théâtre; à 17 ans, j’ai choisi les sciences au lieu des arts. Mais à 18 ans, j’ai changé de cap. J’étais une adulte maintenant et il fallait que je pense à moi en premier. Alors j’ai étudié en communications et littérature, puis en cinéma à Montréal. Et, à l’été 1994, même si je savais que je ne reverrais plus aussi souvent mes copines d’enfance, mes copines de basket, je suis partie pour l’Alberta. Et qu’est-ce qui s’est présenté à moi (chassez le naturel et il reviendra au galot)? L’opportunité de faire du théâtre. Cette fois-ci, j’ai vraiment répondu à l’appel artistique. J’étais prête.


And the rest, as they say, is history.

Voilà, merci d’avoir lu mes « basketball diaries ».

21.1.07

Bouddha et l'air pur

Je viens de lire sur le web un article qui nous a fait sourire, moi et mon chum : http://www.cyberpresse.ca/article/20070117/CPACTUEL/70117057&SearchID=73269748943004

Selon cette étude, les gens ayant choisi le végétarisme auraient un Q.I. supérieur à la moyenne! Attention, mangez végé ne vous rend pas plus intelligent, mais les gens qui sont déjà intelligents auraient mieux compris qu’il est préférable pour leur santé et celle de la planète de manger moins de viande... Quand on pense à tout le gazon que ça prend pour nourrir une vache, quand on pense à tout le méthane qui est produit par ces mêmes vaches (on attaque toujours les pots d’échappement des voitures, mais avez-vous déjà pensé à ce qui sort du trou de pet de tous ces animaux que nous engraissons à la chaîne?)… on a effectivement envie de devenir végé.

Depuis quelques temps, les producteurs de cochonneries des prairies ont peur d'avoir à payer plus cher le grain qui sert à engraisser leurs porcs puisque le gouvernement vise, d’ici 2010, à ce que 5% de l’essence soit constituée d’éthanol (produit par les céréales). Ma solution? Produisons de l’éthanol, mais oui! Et arrêtons de manger du cochon!



Je ne mange plus de viande depuis plus de dix ans et je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai goûté à de la cochonnade (à part l’occasionnel petit rouleau de printemps soi-disant végétarien qui m’a peut-être fait avaler quelques miettes de porc par mégarde)… Je mange tout de même un peu de poisson (mais de moins en moins à cause des taux élevés de mercure qu’on y trouve maintenant) et des fruits de mer, et parfois une petite tranchette de dinde le soir de Noël pour honorer les 12 heures que la cuisinière a passées devant les fourneaux. À vrai dire, le goût de la viande ne me manque pas du tout. J’ai même déjà eu un haut-le-cœur puissant en mangeant un végé-burger trop véridique.

Mon grand-père était boucher et pourtant j’ai toujours détesté la viande rouge, surtout le bœuf. En steak, en tranche, en t-bone, en boulette, rôti ou haché… beurk. Le poulet, ça allait toujours au niveau du goût, sauf que ce sont les McCroquettes avec leurs trop fréquentes bouchées surprise de chwing-chwing (vous savez, ces petits bouts rebondissants qui vous sautillent dans la bouche, impossibles à mastiquer?) qui ont mis un embargo définitif sur ma consommation de poules (ça et les légendes urbaines – à laquelles j’aime croire d’ailleurs - qui racontent que les poulets Kentucky poussent sans ailes, sans becs et sans pattes pour être plus facilement pannés et passés à la friteuse).



Le bacon, le jambon, toute cette bidoche (je suis mariée à un Français, ça commence à s’entendre, non?) où l’on voit à l’œil nu les filaments de gras blanc me lève le cœur. Dans ma tendre enfance, j'ai parfois toléré l'ingestion d'un morceau de jambon fumé quand il avait cuit avec une tranche d’ananas sur le dessus. Le goût de fumé et le mélange sucré-salé me faisait oublier la texture et avaler le reste.



Pourtant, la semaine dernière, je vous le jure, j’ai mangé du jambon. Du jambon fumé à part de ça. Et du poulet, et du porc, et quelque chose qui ressemblait à du bœuf au gingembre. Non, détrompez-vous, je ne me suis pas reconvertie au carnivorisme, aucun animal n’a été dépecé pour aboutir dans mon assiette. J’ai seulement fait un voyage dans le monde magique… des « fake meats »!

Nous avons dans notre charmant Chinatown, un trésor caché qui s’appelle le PADMANADI. Un resto végétarien, bouddhiste pour être plus précis, où vous trouverez au menu le curry de poulet, le porc à la sauce teriaki ou les crevettes à la sauce aigre-douce. Véritables petits bijoux de confection culinaire, ces morceaux de fausse viande sont fabriqués à partir de dérivés divers du soya et autres ingrédients végétaliens.


Selon la tradition bouddhiste, l’ail et les oignons sont aussi proscrits puisqu'ils sont pour eux des poisons lents, et pourtant, les saveurs délicieuses et les subtilités des arômes sont au rendez-vous. En plus, l’addition ne fait pas de trou dans notre portefeuille et, comme du merveilleux, nous préservons un peu plus longtemps notre air pur de plusieurs milliers de pets de cochons et de vaches.

Mangeons comme Bouddha et sauvons la planète!

Sympa, le petit Babiak.

Encore une preuve qu’Edmonton couve une faune humaine fabuleuse et un milieu des arts non seulement accueillant mais surprenant : l’auteur du Garneau Block a laissé un message sur mon blog suite à sa lecture de mon billet sur son bouquin. Sympathique, non?

J’ai bien hâte de lire son nouveau livre, dont le dernier chapitre vient d’être publié dans le Edmonton Journal. À l’automne, The Book of Stanley paraîtra chez le même éditeur que le Garneau Block … En plus de ses chroniques culturelles et de son blog au journal, Todd Babiak a aussi son propre blog sur son site www.toddbabiak.com.

Productif, le petit Babiak.

13.1.07

The Garneau Block


Je sais que ce n’est pas nécessairement une nouveauté puisqu’il a été publié l’automne dernier, après avoir paru un chapitre à la fois de façon hebdomadaire dans le Edmonton Journal l’année dernière. Mais j’ai envie de vous parler de ce bouquin. The Garneau Block, de Todd Babiak. Le petit Babiak est un gars d’Edmonton, qui a grandi à Leduc (la ville qui regarde voler les avions qui quittent et atterrissent à l’aéroport international d’Edmonton). Il était étudiant à l’université de l’Alberta quand j’étudiais à la Faculté Saint-Jean (1994-95). Pendant qu’au campus du quartier Bonnie Doon, nous nous battions pour avoir une demie page en français dans le journal de la U of A, Todd Babiak y publiait à chaque semaine un billet bien mordant que je lisais avec fidélité. Son écriture avait une bonne dose d’humour et d’esprit, et il était mignon par-dessus le marché. Je l’ai rencontré, une fois, derrière le REBAR (nous fumions un joint en cachette avec les colocs et il était venu faire la même chose avec les siens). Je lui avais dit quelques mots à propos du Gateway (je ne me souviens plus très bien quoi…) et il avait été, franchement… snob (je ne me souviens plus très bien ce qu’il m’avait dit, mais le ton était plutôt condescendant). Quelle déception. J’apprenais que Todd Babiak était frais-chié. L’année d’après, il est parti faire sa maîtrise à Concordia, Montréal. Moi, j’ai créé, avec d’autres étudiants de la Fac, « Le Mouton noir ». Nous étions les rejets de l’université, autant avoir une feuille de chou qui parlerait pour nous.


Une dizaine d’années plus tard, le petit Babiak est de retour en ville. Il est le chroniqueur culturel du EJ et il a écrit deux romans. De temps à autre, je lis ses articles qui n’ont pas perdu de leur humour, mais c’est seulement quand je l’ai entendu parler de sa vision de la ville d’Edmonton que j’ai eu envie de lire The Garneau Block.

Les gens regardent souvent de haut « la ville des champions » (et je comprends pourquoi, avec un tel slogan…). Deadmonton, Edmonotone, les surnoms méchants abondent. Les gens d’ailleurs et même les edmontoniens nous demandent souvent : « tu viens du Québec, mais pourquoi tu choisis de vivre à EDMONTON?! »

C’est une bonne question. Et je n’ai pas toujours su y répondre.

« Ce sont les gens qui font une ville ». « Il n’y a pas de taxe provinciale ». « Les gens sont polis, ils arrêtent leur voiture pour nous laisser traverser la rue ». « Il y a de belles opportunités d’emplois… »

Oui, mais… il doit y avoir plus que ça?

Cet été, ça fera 13 ans que je vis ici. Selon moi, Edmonton est une ville caméléon. Tout au long de ma vingtaine, dans ma quête identitaire, dans ma quête vocationnelle, dans ma quête amoureuse, Edmonton a revêtu des personnalités différentes. J’avais toujours le sentiment de la découvrir sous un nouvel angle. Je m’y suis toujours sentie à la fois étrangère et tout à fait à ma place. Jamais vraiment chez moi, mais tout à fait confortable. C’est peut-être la magie des villes multiculturelles, des villes dépareillées ou toujours en pleine effervescence. Edmonton s’est toujours adaptée à ce que je vivais, elle a été le décor parfait de ma vie ici, tout en y jouant un rôle intégral.



Babiak mentionnait en entrevue de promotion que l’on dépeint toujours l’Alberta comme étant rurale et cow-boy. What about the cities? Il citait des auteurs comme Mordechai Richler, Michel Tremblay et Leonard Cohen qui ont intégré la ville de Montréal à leurs œuvres. Ils lui ont donné un « pouvoir mythique ». La ville est le décor, mais la ville est aussi le personnage, elle joue son rôle. Au Québec, depuis Tremblay, on a situé des centaines de récits sur le Plateau Mont-Royal, que ce soit en littérature, au cinéma ou à la télé. En fait, le québécophile qui n’aurait que ces œuvres pour se faire une idée du Québec penserait que tous les Québécois sont de jeunes trentenaires ayant des problèmes de fidélité, magasinant sur la rue Saint-Denis et travaillant soit dans le milieu du théâtre ou celui des magazines de mode (d’ailleurs, ça commence à me taper un peu sur les nerfs tout ça).

Avec The Garneau Block, Babiak a voulu mettre en scène une des quartiers les plus vibrants d’Edmonton et quelques-uns de ses archétypes sociaux. Suite au mystérieux meurtre d’un habitant du quartier Garneau, on suit les tribulations d’une trentenaire enceinte qui vit dans le sous-sol de ses parents, son meilleur ami, un comédien gay qui remet sa vie en question, un prof de philo lubrique qui se bat avec son démon du midi, un couple de retraités qui partagent leurs passions entre l’activisme et des envies de gloire au Parti conservateur et un jeune millionnaire sikh qui subventionne des artistes. On leur apprend finalement que leurs résidences seront bientôt détruites pour laisser place à un nouveau centre universitaire. Autour de ce qu'on a baptisé ici "le district théâtral" à cause du grand festival Fringe et des nombreuses salles de théâtre, autour du High Level Bridge, de l’avenue Whyte, de l’université et du café le Sugar Bowl, les personnages et l’auteur nous dévoilent alors tout ce qui fait d’Edmonton, une ville de … « champions », à sa manière.


Si vous ne connaissez pas Edmonton et ne comprenez pas pourquoi je n’y suis pas misérable depuis tant d’années, lisez The Garneau Block, aux Éditions McClelland & Stewart.

9.1.07

Pensées éparpillées et caféinées

Si elle était toujours vivante, Simone de Beauvoir fêterait aujourd’hui son 99ème anniversaire. En son honneur, je porte aujourd’hui mon veston vintage avec des patchs de suède noir sur les coudes et j’ai vernis mes ongles en rouge bourgogne. Disons que j’avais du temps à perdre et envie de donner à cette journée calme un peu de son pouvoir mythique.



(Je parle de « mythic power » parce que je suis en train de terminer la lecture de The Garneau Block, un bouquin de Todd Babiak, un gars d’Edmonton qui allait à l’université en même temps que moi. Je vous en reparlerai dans mon blog dès que je l’aurai terminé.)

Je pense donc au Castor et je réfléchis. Je regarde autour de moi. Les gens qui marchent et traversent la 99ème rue. Je pense que le café pour emporter est devenu la nouvelle cigarette. Personne ne fait plus deux pas sans auparavant aller se procurer ce fameux grand latte ou ce légendaire moccachino caramel. Un café sucré dans un grand verre de carton blanc. Pour emporter. Le grand verre de carton blanc a remplacé la pré-roulée blanche, il est porté aux lèvres plusieurs fois par jour, trimballé à la main comme la nouvelle commodité, la nouvelle source de réconfort, la nouvelle dépendance, le nouveau look tendance qu’il faut avoir sur soi. Une drogue en a remplacé une autre, une nouvelle habitude a été mise en marché par des corporations qui en font les nouveaux frais, de nouvelles générations de cultivateurs sont exploitées. Partout, on voit les buveurs de Starbucks, verre de carton blanc à la main quand ils marchent sur l’avenue Whyte, ou dans leur chariot d’épicerie quand ils font leur Safeway, ou dans le porte-breuvage de leur voiture quand ils roulent en solitaire vers leur lieu de travail. On ne peut plus s’en passer.

Remarquez que, contrairement au tabac, le café, s’il n’est pas consommé en quantité industrielle et si on le boit sans gras et sans sucre, est sans danger pour la santé. Selon certains chercheurs, il a même des propriétés bénéfiques pour celui qui l’absorbe : antioxydant et éclaircisseur d’esprit. J’aime le croire, car j’adore le café, moi aussi. Mais je préfère le savourer assise, en lisant, en écrivant, ou en parlant avec quelqu’un. Et je sais, je suis une snob qui se prend pour une Européenne : je ne bois que des espressos. Un par jour. Jamais plus, sinon j’ai les shakes. Le café filtre, ça me donne des gargouillis dans les boyaux. Alors je m’abstiens.

Évidemment, oui, moi aussi je préférerais ne consommer que le café de commerce équitable et de culture biologique, mais ce n’est pas toujours possible. Alors j’essaie de favoriser les entreprises indépendantes et d’éviter les chaînes commerciales. Pas toujours facile, surtout quand Edmonton commence à ressembler à Vancouver, avec un Starbucks à tous les coins de rues.

Je rêve à ces sociétés de café qui régnaient dans les siècles passés en Europe (eh oui, encore l’Europe). Berceaux des grandes révolutions, refuges des artistes, les gens se retrouvaient dans les cafés pour refaire le monde, faire des rencontres, partager leurs idées. (Simone de Beauvoir a écrit la plupart de ses oeuvres dans les cafés du boulevard Saint-Germain.)



J’ai beaucoup réfléchi là-dessus en faisant mon documentaire sur les centres d’achats… Dans nos sociétés nord-américaines, à cause de la configuration des quartiers résidentiels, de la grande superficie des villes, du phénomène des banlieues, du climat difficile en hiver, du règne de la voiture aux dépens de la marche, la vie de quartier n’existe pratiquement pas. Pas de rituel de café du matin pour partir la journée comme en Italie, ni la culture de l’apéro comme en France, où les gens se rencontrent au bistro pour prendre un verre après le travail.

J’ai la chance de vivre dans le quartier du vieux Strathcona, à 15 minutes à pied des restos, des théâtres et des boutiques de la Whyte, là où il y a encore des caféinomanes qui fréquentent des cafés. Mais, trop souvent, ils se cachent derrière un journal ou leur écran d’ordinateur. Je sais, c’est ce que je fais tout le temps. Mais parfois, j’ai quand même la chance (surtout depuis qu’il y a le Wild Earth à deux coins de rue de chez moi) de tomber sur un ami ou une voisine et quand nous avons le temps, nous sirotons ensemble un café qui n’a pas été servi dans un grand verre de carton blanc. Nous prenons le temps de discuter et nous refaisons le monde. Assis. Comme si nous étions sur le boulevard Saint-Germain...

2.1.07

Lobotomisée par Sex and the City

Janvier. Je suis en congé. Je suis vidée.

Je crois que je souffre du creux post-créatif. Après deux mois intense de trac omniprésent et obnubilant, j’ai la pile à terre. Je n’arrive pas à me remettre en marche! Le gaga-down après le méga-high. En plus, il fait gris, le ciel est bas, les rues sont sales et les journées sont si courtes qu’en clignant des yeux trop longtemps on risque de les manquer.

J’avais tellement hâte à janvier pour pouvoir respirer un peu, prendre le temps de siroter des cafés devant mon ordinateur portable, écrire des nouvelles et me complaire dans mon journal personnel… Mais, je n’ai rien à raconter. Je suis lobotomisée.

Devrais-je aussi blâmer Sex in the City? Mon amie Yannick m’a prêtée les saisons 4, 5 et 6 de la légendaire série pendant le temps des Fêtes. Comme la grippe m’a légumisée en plus de me vider, Seb et moi avons dévoré les aventures des 4 célibataires new-yorkaises en quelques jours. Depuis, mon esprit vogue entre une promenade dans Central Park, un ensemble Marc Jacobs et un cocktail Cosmopolitan.



J’aurais envie d’être ailleurs, New York ou Paris ou Barcelone ou Rome, n’importe où il n’y a pas de bancs de neige bruns, n’importe où il y a plus de 8 heures de lumière par jour. Ailleurs, où l’on peut marcher, marcher, dehors, dehors. Sans respirer de la particule de gadoue ou des vapes de SUV. Sans porter un mille feuilles de lainage, sans avoir de crampons aux semelles ou un capot sur le coco.


Mais je ne suis pas Carrie devant son Mac dans son appart, je ne porte pas de Manolo Blahnik, je n’ai pas la libido de Samantha, ni l'ambition de Miranda, ni le goût de la perfection de Charlotte. Je suis une petite Jojo sans inspiration devant son iBook dans un café. Je n’ai pas d’idée pour commencer une nouvelle nouvelle, j’ai déjà déblatéré pendant une heure des insignifiances dans mon journal personnel… alors j’écris ce billet pour mon blog. Vive les blogs. Pendant quelques minutes, par une journée grise de janvier, ils nous redonnent un élan vers le haut, vers une créativité renouvelée.

31.12.06

Mon top 10 de 2006

L’année 2006 tire à sa fin. C’est le temps des bilans, des revues, des retours, des byes byes et des top 10. À mon tour de regarder derrière pour faire le portrait de mon 2006 à moi.

Arrêt sur image. Si je pense à l’année 2006 comme un tout, comme une seule image, je me vois parmi des gens, en groupe, et nous célébrons. Nous célébrons l’amour, les unions, la famille, l’amitié, les voyages, nous célébrons l’été et le beau temps, nous célébrons l’art et la créativité. Nous célébrons la vie. Les partys et les 5 à 7 avec les amis, les soupers avec la famille, les brunchs après les répétitions de théâtre, les discussions autour d’un café… On me dit souvent que j’ai un effet « rassembleur ». J’aime m’entourer de gens, j’ai besoin de faire partie d’un noyau humain, je suis une fille de gang, que voulez-vous, et cette année, je n’ai définitivement pas été seule.


L’année commence en force avec un acte de folie spontanée qui me fait vivre les plus belles et grandes émotions de l’année. Le 13 février, la veille de la Saint-Valentin, Seb et moi décidons de nous marier. Pourquoi pas? Le 25 février, dans notre salon, pieds nus sur le plancher de bois franc, souriants dans nos vêtements de lin, devant notre petite famille albertaine, nous faisons le grand saut. Nous nous engageons l’un envers l’autre. Une soirée magique que personne n’est près d’oublier!



Depuis, les papiers d’immigration ont été remplis et envoyés et la ruée vers l’or noir qui ralentit la bureaucratie gouvernementale nous fait attendre et attendre. Mais en décembre, nous avons reçu une réponse prometteuse : ma demande de parrainage a été acceptée (i.e., je suis responsable Seb : s’il ne réussit pas à gagner sa vie, c’est moi qui dois subvenir à ses besoins… Heureusement, c’est le plein emploi en Alberta!). La réponse pour la résidence permanente devrait suivre d’ici quelques semaines. Nous avons confiance.


Pour poursuivre la lancée de rassemblements sociaux, nous avons pris l’avion et nous sommes allés rencontrer nos nouvelles familles au Québec et en France. Seb fait maintenant partie des Thibeault-Morel, moi j’ai été accueillie dans le clan Guillier-Sahuqué et chez les Gianoglio. Les parents, les frères, les belles-sœurs, les amis, les cousins et les cousines, les oncles, les tantes… Encore autant de célébrations que de nouveaux liens de bord en bord de l’Atlantique.


Edmonton nous a ensuite gâtés avec un été superbe, un vrai, pour une fois, et les célébrations se sont poursuivies; les barbecues dans le ravin, les apéros au Savoy (notre bar fétiche), les vendredis à la P’tite scène, les soirées pour le départ de Lisette et les partys avec la gang de théâtre. Pour clôturer le tout, le Rire et Noël.

Je dois avouer que, pour la veille du Jour de l’an, j’ai plutôt envie de retrouver un peu d'intimité. De toutes façons, je traîne une mauvaise grippe depuis une semaine et je veux la guérir au plus vite. Alors ce soir, nous allons passer une soirée à la maison, à regarder le Bye Bye de RBO en mangeant des sushis.


Ah! J’avais promis un top 10, mes plus beaux moments de l’année 2006… Hum, pas facile de s’en tenir à 10. Une si belle année. Mais je vais essayer.


1. vivre avec Seb
2. Le projet Andersen de Robert Lepage à Lyon
3. la mise en scène de la pièce Le voyage du Couronnement



4. le séjour à Barcelone, une ville extraordinaire




5. le spectacle d’Ariane Moffatt au Festival Alors chante de Montauban
6. le Lac du trou avec Seb, mes frères, Mylène et les enfants



7. la mer en Bretagne



8. la 12ème édition du RiRe
9. le roman Lignes de faille de Nancy Huston
10. un nouveau petit café à deux rues de chez nous : le Wild Earth



Je suis certaine que j’oublie un paquet d’autres moments succulents… mais bon, on ne peut pas tout inclure.


Sur ce, je vous souhaite à tous une très bonne année 2007. Lancez dans l’univers tout ce que vous désirez… et vous le recevrez!

14.12.06

Le RiRe: du travail... pour nos 12 travaux

Le RiRe...

Toujours une expérience enivrante et exténuante, mais ô combien délirante! Pour les non-initiés, le RiRe, c'est une espèce de Bye Bye albertain, une revue de l'année en sketches et en chansons. Une création collective où nous écrivons, jouons, chantons et mettons en scène nos visions de 2006.

Nous ne faisons qu'une représentation en salle et le show est capté par la radio de Radio-Canada qui le diffuse le 31 décembre, pour le Nouvel an. Normalement, nous avons la case 23h-minuit et finissons le show avec un décompte pour accueillir la nouvelle année. Mais cette année, on a été bumpé par R.B.O.! Et oui, on va passer de 22h à 23h...

Bah, on s'en fout un peu puisque le vrai trip, c'est le show live. Nous répétons tous les soirs et les fins de semaine depuis plus de deux semaines. Là, on est au stade où on ne se trouve plus vraiment drôle, mais c'est comme ça à chaque année et en bout de ligne, les spectateurs rient aux larmes le temps venu.

Je ne veux pas parler beaucoup plus du show pour le moment, surtout pour ne pas dévoiler des surprises aux gens d'Edmonton qui viennent nous voir samedi (en passant, ceux qui n'ont pas encore leurs billets doivent faire vite... la pré-vente va très très bien). Pour l'instant, c'est encore la course aux costumes et accessoires, la folie des entrevues radio et télé, on travaille l'éclairage cet après-midi, ce soir un enchaînement technique et demain la générale.


Oh... la thématique principale du RiRe cette année? LE BOUM!!!


LES 12 TRAVAUX DU RIRE
le samedi 16 décembre à 20h au théâtre de la Cité
billets en vente à l'ACFA régionale d'Edmonton
780.469.4401
15$ pré-vente et membres de l'ACFA
18$ étudiants
20$ à la porte

mettant en vedette STEVE JODOIN, VINCENT FORCIER, PATRICK HENRI, EVE MARIE FORCIER ET JOSÉE THIBEAULT
et les musiciens ROBERT WALSH ET JASON KODIE




Bon RiRe!

6.12.06

Le couronnement d'un beau voyage...

La dernière de la pièce Le voyage du Couronnement a eu lieu dimanche. Une dernière performance assez réussie compte tenu des excès festifs de la veille! Nous sommes tous super contents de la "run" du show, nous avons eu de très bons commentaires, les gens ont beaucoup apprécié et nous nous sommes amusés comme des p'tits fous. Voilà tous les ingrédients pour faire un beau voyage.

Nous avons capturé bien des instants pixelisés, photos et vidéos. Seb a passé des heures à monter ça et mettre ça sur nos blogs (merci, mon amour!). La qualité visuelle et sonore n'est pas top avec la compression, mais ça donne une idée pour ceux qui ont manqué le show et ça fait de beaux souvenirs pour les autres. Amusez-vous!



Montage photo
(sur le deuxième mouvement du concerto no. 1 pour piano de Chopin... la musique de Hyacinthe et Marguerite)




La scène 11: la répétition du couronnement dirigée par Mademoiselle Lavallée



La scène 6 : un poker?

(à venir)


La scène 3: les Gendron sur le pont



Le diplomate lance sa bombe...



Et pour voir les photos des partys de la gang (de malades) sur le blog de Seb:
  • Seb


  • Si vous voulez voir toutes les videos:

  • Toutes les videos de la piece ...



  • BON VOYAGE!

    1.12.06

    La fin de la P’tite scène

    Vous l’aurez lu ici avant même que les communiqués de presse ne soient envoyés, avant même que les membres n’aient reçu le courriel officiel expliquant la décision du comité : la P’tite scène se retire. Nous préférons dire qu’il s’agit d’une pause indéfinie, mais honnêtement, nous n’en savons rien.

    C’est dommage parce que ça aurait fait 5 ans en janvier que nous l’avons fondée, cette P’tite scène. Le projet avait démarré avec Érick Sirois, alors animateur culturel de l’ACFA régionale d’Edmonton, qui avait le mandat de mettre un peu de vie dans la Cité francophone. Mais le besoin le plus profond qui a motivé la fondation du projet était celui de notre groupe d’amis, artistes trop souvent inactifs, comédiens, musiciens, humoristes et chanteurs. Nous voulions monter sur la scène plus souvent, nous en avions marre d’attendre des contrats de la part de l’UniThéâtre ou du Gala de la chanson (les choses n’ont pas tellement changé depuis!). Et puis, comme la belle époque des bistros de la Faculté Saint-Jean était bel et bien révolue, il y avait dans la communauté un réel besoin d’un endroit pour se rencontrer, pour prendre un verre et fraterniser en français. Dans le salon de la Centrale, nous avons jasé de ça, Érick, Guillaume Bois et moi, nous nous sommes entendus sur un concept de 5 à 7, avec chansons et monologues humoristiques, j’ai lancé le nom de la P’tite scène, Érick a fait un logo et des posters, nous avons emprunté l’équipement technique de l’Uni, et le ??? janvier 2001, la P’tite scène voyait le jour.

    Petit à petit, les 5 à 7 du vendredi soir sont devenus un must, les gens venaient pour nous voir faire les fous sur scène et pour prendre une bière. Au fil des ans, nous avons changé de local, les gars ont vu grand pendant que moi je faisais le tour de l’Europe pendant des mois, ils ont voulu en faire un bar et lentement la vocation artistique de la P’tite scène est devenue plus musicale. Guillaume a investi de sa poche pour acheter des tables et des chaises, on a trouvé de meilleurs haut-parleurs, on a créé un système de cartes de membre, Christian Tremblay s’est joint à la bande (en plus de Guy Cormier et Carl Lalancette, mais ceux-ci se sont retirés assez vite).

    Éventuellement, Érick est retourné au Québec, moi je suis revenue d’Europe, et Nicole Pageau de la régionale m’a demandé de reprendre la barre de l’activité en m’en tenant au vendredi soir. Nous sommes revenus au concept du 5 à 7, nous avons été obligés de retourner dans le bistro, faute de local, Guillaume est reparti lui aussi au Québec. De nombreux bénévoles sont passés et venus, merci à tous, Laulie, Lisa, Gwen, Jimmy, Suzie, Renée…


    Depuis deux ans, les petits vendredis soirs de la P’tite scène allaient bon train, du genre « petit train va loin ». Surtout depuis janvier dernier, à partir de ce moment où nous avons eu le contrôle complet de notre activité puisque le bistro Gaétan restait fermé le vendredi soir, nous avons vraiment réussi à recréer l’engouement des débuts, grâce au travail de Christian, Pat Henri, Mélissa Loiselle et Seb. L’ambiance était bonne, même si nous n’avions plus souvent d’artistes sur la scène, mais les soirées thématiques marchaient bien, et surtout, les gens aimaient se retrouver là, tous les vendredis. C’était simple, c’était chaleureux, la bière était bon marché, on avait du fun.

    Jusqu’à septembre, quand le bistro a été vendu à deux entrepreneurs aux grandes ambitions capitalistes. Nous avons essayé de faire un arrangement convenable avec eux pour ne pas perdre l’essence fondamentale de la P’tite scène, mais nous n’avions plus le contrôle sur le bar et les prix de vente, nous étions constamment poussés à modifier notre direction artistique pour « vendre plus », pour que « le monde boive plus », pour que « les gens dansent et dépensent », nos prix de membres n’étaient plus respectés, ce que nous avions bâti lentement non plus… Finalement, ce que nous avions craint s’est réalisé : la « business » l’a emporté sur le développement communautaire et artistique.


    La P’tite scène, depuis ses tous débuts, avait toujours été une entreprise menée de front par des passionnés, des bénévoles, jamais dans le but de « faire de l’argent ». Nous cherchions seulement à rentrer dans nos coûts et à pouvoir payer des cachets pour les artistes qui venaient faire des performances.

    La vision et les objectifs des nouveaux gérants du Café des artistes ont trahi nos mandats, nos valeurs, et nous avons préféré nous retirer.


    Cela dit, la P’tite scène n’est pas morte à jamais. Nous conservons son nom, son concept, son logo, ses membres; nous mettons simplement ses activités sur la glace. Nous prenons une pause bien méritée, nous prenons un temps de réflexion pour analyser les besoins de la communauté et ceux des artistes.


    Ça me fait tout drôle. Il est presque 15h, vendredi après-midi, et je n’ai pas à me diriger vers la Cité pour installer la soirée. Ça me fait drôle, mais tout de même, ça m’attriste. Nous avions créé quelque chose de bien. Et l’argent a tout détruit.

    22.11.06

    Le high de tuer

    Samedi soir, nous sommes revenus à pied du party de chez Mitch Fournier. Renée, Seb et moi, un peu buzzés par cette merveilleuse soirée, nous avons pensé que la marche nous ferait du bien et nous aiderait à dormir. Il était 1 heure du matin, quelque chose comme ça, et une fois le ravin traversé, nous avons été surpris de voir et d’entendre au-dessus de nos têtes un hélicoptère. Un hélicoptère qui volait bas et parcourait le sol de son faisceau lumineux. On se serait cru à Los Angeles, surveillés par des hélicos de la police. Nous avons justement discuté de la plus récente statistique : Edmonton remporte la première place au niveau de la criminalité au Canada. Principalement à cause des gangs de rue, dit-on. Rarement de « random acts of violence ». Rarement, ouais.

    Je vis ici depuis plus de 12 ans. Jamais je n’ai eu peur en sortant d’un bar le soir, jamais je n’ai eu peur en marchant seule la nuit dans les rues. Je me suis toujours sentie en sécurité dans ma ville d’adoption.

    Et bien, cet hélicoptère qui nous survolait dans la nuit de samedi à dimanche présageait un week-end sanglant. Sept incidents d’agressions au couteau, dont deux ont fait des victimes, ont pris place à Edmonton en fin de semaine. Toutes étaient sans motif réel de la part des agresseurs.

    L’une des victimes est un jeune homme de 17 ans, Evan Grykuliak (étudiant à l’école Ross Shepard où enseigne mon frère Éric). Samedi soir, il fêtait son anniversaire avec ses amis dans un centre communautaire loué pour cette occasion. Son père et plusieurs adultes supervisaient la soirée. Des jeunes ont essayé de ‘crasher’ la fête, assez tard, une fois que celle-ci était terminée. On leur a refusé l’entrée. Ils sont restés à l’extérieur, mais quand Evan est sorti pour aller reconduire une amie jusqu’à son taxi, il a été confronté aux jeunes trouble-fête qui finalement l’ont poignardé. À mort.

    Un autre cas dont l’issue fut également fatale, sur la Whyte Avenue cette fois, ma chère avenue adorée qui change terriblement de visage la nuit depuis quelques années. Un jeune homme de 20 ans, accompagné de sa copine enceinte et de leurs amis ont rencontré un autre groupe de jeunes, ils se sont engueulés, la pagaille a pris, et les couteaux sont sortis. C’est une fois à l’hôpital que le jeune homme est mort.

    Les autres agressions, toutes impliquant beaucoup d’alcool et des couteaux, ont fait des blessés. Mais chaque fois, les motifs étaient futiles. Ni pour de l’argent, ni pour voler, ni pour se venger. Pour se battre, uniquement.

    Les psychologues parlent du « high de tuer ». Les jeunes feraient ces actes afin de se donner un rush d’adrénaline.

    Dans mon jeune temps, sur la Whyte, les joueurs de football et les chauffeurs de pick-up buvaient comme des trous et finissaient par se bagarrer entre eux. Avec leurs poings. Maintenant, les jeunes sont pétés sur l'alcool ET les produits chimiques et quand ils sortent des bars aux petites heures du matin, ils ne sont plus mous et zigzagants, ils sont gonflés à bloc, tendus, électrifiés, les nerfs à vif, et ils cherchent peut-être un moyen de rester buzzé en se prenant pour un héros de jeu-vidéo ou peut-être qu'ils cherchent un moyen de redescendre, comme si tuer un être humain allait les reconnecter avec la réalité.


    Ça m’inquiète. Ça m’inquiète vraiment. Les jeunes ne vont pas bien. Quand ce ne sont pas les fusillades dans les écoles ou l’intimidation excessive qui poussent certains jeunes au suicide, ce sont les attaques aux couteaux en pleine rue, sur n’importe qui. À Edmonton, les crimes parmi les jeunes se sont multipliés depuis quelque temps. Il y a eu le meurtre à coup de batte de baseball dans un autobus de la ville. Il y a eu l’autre jeune tué dans un party de maison l’an passé par des « amis », des jeunes qu’ils connaissaient.

    Qu’est-ce qui se passe chez nos ados et nos jeunes adultes? Certains blâment les jeux vidéos dont les graphiques sont devenus si réalistes maintenant que les jeunes, voulant monter d’un cran leur dose d’adrénaline, passent à l’étape logique : tuer pour de vrai. D’autres pointent du doigt le manque d’encadrement des parents qui travaillent trop et laissent leurs enfants à eux-mêmes. Le manque de valeurs humaines, l’individualisme, le désespoir face à un monde où rien ne leur est légué sauf une planète à bout de souffle. J’imagine qu’il y a un peu de tout ça.

    L’adolescence et l’étape de l’école secondaire ont toujours été un moment difficile à passer. Mais on dirait que maintenant, c’est pire qu’une jungle. Chacun doit devenir le prédateur de l’autre, chacun doit jouer au plus fort, écraser l’autre pour se donner un droit d’exister.

    La souffrance des ados est immense. Je regardais Oprah il y a deux semaines. Elle présentait une initiative prise par une Américaine et son mari et qui parcourent maintenant les high schools. L’activité s’appelle le Challenge Day et met en scène les jeunes de l’école, généralement les plus âgés, entre 15 et 18 ans. Réunis dans le gymnase, les jeunes sont appelés à parler d’eux, de leur vie personnelle, en petits groupes. « Si vous me connaissiez vraiment, vous sauriez que… » Les révélations coulent, une à une. « Vous sauriez que ma mère est en phase terminale. » « Vous sauriez que j’ai été violée par mon voisin quand j’avais 8 ans. » « Vous sauriez que je dois travailler 30 heures par semaine pour aider ma famille à se nourrir ». « Vous sauriez que je suis une bonne personne, même si je suis gros ».

    Ensuite, l’animatrice de l’activité invite tous ceux qui vivent une discrimination quelconque (la race, l’apparence physique, la classe sociale, la religion, l’orientation sexuelle, etc) à traverser une ligne imaginaire sous les yeux de leurs compagnons. « Traversez la ligne... tous ceux qui se sentent ignorés, rejetés, méprisés par d’autres étudiants de cette école », traversez la ligne, tous ceux qui ont déjà été humiliés, rejetés, à cause de leurs races », « traversez la ligne, tous ceux qui ont déjà été pointés du doigt à cause de leurs religions », « je demande à toutes les filles qui ont déjà été appelées bitch, pute, whore, etc, toutes celles qui se sont fait siffler, pincer les fesses, abusées sexuellement ou verbalement, de traverser la ligne »… Et les jeunes regardent leurs camarades, leurs meilleurs amis tout autant que ceux qu’ils ignorent avec soin quotidiennement, avouer leurs souffrances. De partout fusent des mains levées vers le ciel, l'index, le petit doigt et le pouce ouverts, pour leur dire « I love you ». Les élèves pleurent, les professeurs participant à l’atelier pleurent eux aussi. La psychologue de l’école, la première, prend le micro vers la fin de la journée, en larmes, pour s’excuser envers tous les élèves : « si jamais je vous ai ignorés, humiliés ou si je vous ai fait de la peine d’une quelconque façon, je vous demande pardon et je vous veux dire que vous êtes tous et chacun uniques et merveilleux ». Par ce geste, un miracle, un moment magique est déclenché : tour à tour, les jocks, les bullies, tous ces jeunes qui ont pu faire du mal aux autres font la file au micro pour demander pardon à leurs victimes. Celles-ci les rejoignent pour leur pardonner, leur donner une accolade qui souvent se termine de nouveau dans les larmes, avec toutes les mains des autres levées en signe d’I LOVE YOU.

    À la fin de la journée, plusieurs jeunes qui ne s’étaient jamais adressé la parole auparavant dialoguent et se sourient. Des ennemis ont maintenant entamé une réconciliation, peut-être même une amitié. Pour une journée au moins, les étiquettes sont tombées.


    Notre société en général aurait bien besoin d’un CHALLENGE DAY.

    20.11.06

    Place au théâtre… Place à la vie

    Quand je monte ou je joue dans une pièce de théâtre, on dirait que ma vie des dernières semaines précédant et incluant les représentations ne se résume qu’à ça. Je ne m’entraîne plus, je ne fais plus la vaisselle ni le ménage ni la lessive, tous mes petits plaisirs routiniers sont décalés, je n’écris plus, je ne fais plus de promenades méditatives, je garde toutes mes énergies pour les répétitions. La nuit, mes rêves sont remplis des personnages de la pièce, le récit se mêle à mes histoires personnelles, les comédiens viennent me visiter, mes paysages oniriques ressemblent au décor et aux éclairages, même la trame sonore me reste dans les oreilles. C’est vraiment ça, vivre le théâtre. La scène devient la vie.

    Dans trois jours, c’est la première de la pièce que nous montons pour l’UniThéâtre : Le voyage du Couronnement. Malgré quelques retards, surtout au niveau de l’habillage du décor, nous sommes presque prêts. Les comédiens commencent vraiment à s’amuser avec leur jeu, ils sont de plus en plus en confiance, avec eux mêmes, mais aussi entre eux. La bonne ambiance de travail et les rencontres de groupe facilitent tout ça. Comme le party de samedi soir dernier chez Mitch. Nous avons chanté du karaoke



    nous avons dansé sur les meilleurs hits des Eighties



    nous avons trinqué avec un petit verre de whisky Crown Royal (tout à fait approprié dans le contexte de la pièce!).



    Détendre les rouages du corps et les cordes sensibles des émotions qui sont constamment interpellées quand on rejoue la vie sur une scène… ça fait un bien immense.





    La répétition du lendemain s’en est trouvé enrichie de toutes sortes de belles nuances.





    14 comédiens, en plus de toute l’équipe technique : tout le monde travaille très fort. Et jeudi soir, à 20h, nous allons tous recevoir notre paie : l’énergie et les applaudissements du public.

    7.11.06

    « Emmenez-moi au bout de la terre »

    Emmenez-moi au bout de la terre
    Emmenez-moi au pays des merveilles
    Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil

    (Emmenez-moi, de Charles Aznavour)


    Mon amie Lisette quitte le pays dimanche prochain. Pour un an. Elle a pris une année sabbatique de Radio-Canada et elle part voyager. Sur quelques continents, dans une dizaine de pays. Thaïlande, Cambodge, Laos, Chine, Ouzbékistan, Iran, Turquie, Belgique, Venezuela, Pérou, etc…On l’envie tous, on la regarde préparer son départ avec la tristesse de ne plus la voir pendant un an, mais avec la joie de savoir qu’elle réalise le rêve de sa vie. Peu d’entre nous peuvent dire qu’ils ont réussi ça. Comme elle part avec le strict nécessaire et que même le strict nécessaire est déjà compact dans son sac à dos, on se demande ce qu’on peut lui offrir comme petit cadeau de départ. Nouvellement nantie d’un iPod, je lui ai fait une sélection de musique que, personnellement, j’aime beaucoup, et qui lui plaira sûrement aussi. Parmi ses chansons, certaines sont pour moi de véritables inspirations aux voyages et à la vie. Voici quelques notes explicatives accompagnant mon choix musical du voyage de Lisette.


    MARCO POLO, de Loreena McKennitt

    Lisette est envoûtée d’une nouvelle passion de l’orient, elle part suivre la route de la soie. Le voyage de Loreena dans l’album The Book of Secrets est semblable au sien dans sa forme nomadique. Les sonorités arabes de ce morceau instrumental, les percussions et les flûtes nous donnent envie de danser le baladi dans un désert de sable. Envie d’avoir les yeux remplis de soleil et d’horizons interminables.



    J’ERRE, de Dumas

    La légèreté de cette chanson me donne envie de bouger, de me balader, sans fin. C’est le plaisir et la liberté de voyager, d’aller où l’on veut, quand on veut.

    Les refrains s’empilent dans ma tête
    C’est le bonheur quand j’erre
    En silence
    Tout est clair quand j’y pense


    INTO THE MYSTIC, de Van Morrison

    Même chose pour cette chanson, que j’affectionne particulièrement depuis l’adolescence. L’appel du large, pour savoir quand partir ou pourquoi revenir.



    AMSTERDAM et LE PLAT PAYS, de Jacques Brel

    Brel, pas seulement parce que Lisette est belge, mais parce que Brel… c’est Brel. Et moi, quand j’entends Brel, je me transporte automatiquement en Europe, où j’ai fait mes plus beaux voyages.

    AMSTERDAM parce que ça sent la pluie et le bord de mer sale, les rues en pavé qui reluisent et qui sentent l’histoire à plein nez, les ports de mer achalandés, les harengs fumés, les vieux vélos en rangées, les tournesols fanés, les superbes gares de train qui nous emmènent de ville en ville, de beauté en beauté, les trips de back packers dans les youth hostels et les joints de skunk fumés dans les coffee shops. Les voyages qui forment la jeunesse.

    LE PLAT PAYS, parce que même si les paysages belges et ceux de l’Alberta n’ont que le plat en commun… ils ont une certaine beauté qui nous unissent.


    Et bien sûr…

    LA QUÊTE, de Jacques Brel.

    Rêver un impossible rêve
    Porter le chagrin des départs
    Brûler d’une impossible fièvre
    Partir où personne ne part.
    Aimer jusqu’à la déchirure
    Aimer, même trop, même mal
    Tenter sans force et sans armure
    D’atteindre l’inaccessible étoile
    Telle est ma quête… suivre l’étoile


    Et finalement…

    BETTER BE HOME SOON, de Crowded House

    Dernièrement, à la P’tite scène, on a fait un spécial années 80 et j’ai remarqué que Lisette avait aimé, tout comme moi, quelques chansons de Crowded House à cette époque. You’d better be home soon, ça dit tout. On espère qu’on va la revoir.



    Bon voyage, ma belle Lisette.





    Pour suivre les aventures de Lisette:

    http://lisette.top-depart.com

    31.10.06

    Edmonton, Pologne, Afghanistan

    Article intéressant et éclairant sur les groupes pro-vie et Back Porch qui se sont installés devant la clinique Morgentaler d'Edmonton. Merci Monica.

    http://www.canada.com/nationalpost/news/story.html?id=2ea915f5-6fda-432a-bcbe-5a2779b10062&k=33205



    Pendant ce temps...

    Que se passe-t-il en Pologne ? La Ligue des Familles (parti d’extrême droite membre du gouvernement) a déposé une proposition de modification de la Constitution, pour que soit reconnue la « protection de la vie humaine dès sa conception ».
    Alors que l’avortement était libre pendant la période communiste, la loi actuelle ne l’autorise que dans trois cas : lorsque la vie ou la santé de la femme est menacée, en cas de malformation grave ou de maladie incurable du fœtus, et lorsque la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste. Néanmoins, de nombreuses femmes se trouvant dans l’un de ces cas
    se voient refuser le droit d’avorter dans les hôpitaux publics. Officiellement, il y a 150 avortements par an en Pologne, mais des centres indépendants estiment que le nombre d’avortements pratiqués illégalement dans des cliniques privées est de 80 000 à 200 000 par an.

    Après de longues luttes féministes, le droit d’avorter, droit fondamental pour la liberté des femmes, a été partiellement reconnu dans les pays occidentaux (sauf le Portugal, l’Irlande et Malte). Dans de nombreux pays (États-Unis) ou régions (mauvaise volonté de certains hôpitaux), le droit d’avorter légalement dans le public est mis en question ou saboté. Les victimes sont les femmes les plus pauvres et les moins bien informées.

    (source, Florence Montreynaud, Encore féministes)




    Et hier soir, l'excellente, la brillante, (la féministe?), Céline Galipeau nous offrait un reportage percutant sur ces femmes afghanes violentées et violées par leurs maris, qui en viennent à s'immoler par le feu pour trouver la mort. Celles qui n'en meurent pas se retrouvent dans des centres pour femmes brûlées où elles ne reçoivent aucun soin autre que des crèmes et des bandages. Quand elles sont suffisamment rétablies, mais défigurées et marquées à vie, elles retournent vers leurs bourreaux qui, on l'imagine, poursuivront un traitement abusif et animal. Quand le mari en question ne reprend pas son épouse, elle est alors retournée à sa famille et punie par son père ou ses frères pour le déshonneur qu'elle leur apporte.

    25.10.06

    La démone est de retour

    J'ai la preuve maintenant que mon blog n'est pas lu que par des amis.

    Jusqu'à présent, pour laisser un commentaire sur mon blog, il fallait posséder un compte blogger, ce qui compliquait un peu les choses mais faisait, d'une certaine façon, un tri naturel entre ceux qui voulait vraiment commenter ou simplement... faire suer.

    Hier, quelqu'un a laissé un message, anonyme, disant que j'étais mal informée, et ridicule. Mal informée, peut-être, je me fie à une amie, je n'ai pas fait de recherche sur le dossier, je dis mon opinion, c'est tout. Si j'avais voulu être journaliste, je le serais déjà, croyez-moi. Mais j'ai choisi de travailler dans les arts et de provoquer des discussions.

    Je trouve dommage que ceux qui sont piqués au vif n'aient jamais le courage de dévoiler leur identité.

    Ça me rappelle quand je tenais une chronique dans le journal Le Franco, il y a quelques années. Plusieurs lettres de réponses acidulées à mes billets d'humeur atterissaient sur le bureau du rédacteur, Éric Batalla... sans être signées. On m'appelait la démone, on me disait presque que j'allais brûler en enfer parce que je défendais le droit à l'homosexualité, au bien-être du corps, à l'athéisme, à la bouffe saine et à la journée internationale du clitoris!

    Si ça se trouve, ce commentaire anonyme provient du même genre de monde qui lisait avec fidélité mes chroniques... pour mieux me haïr. Pauvre pauvre petit monde malheureux.

    Si vous n'aimez pas ce que je dis dans mon blog, ne le lisez pas. C'est tout!


    ...................................................................


    Maintenant, plusieurs choses ont retenu mon attention depuis la semaine dernière, j'en partage une avec vous ce matin.

    LE PLAN VERT

    Évidemment, le "Plan vert" du gouvernement Harper, récité par une Rona Ambrose toujours aussi catin que marionnette (Steven l'a mise là pour ça, faut croire, pour que les gens n'entendent pas les aberrances qu'elle dit, hypnotisés par ses cheveux trop bien collés au spray net et son visage de Barbie figée). Leur plan VERT: ne rien faire! Attendre en 2010 pour s'attaquer à la pollution, attendre en 2050 pour réduire les émissions de gaz à effets de serre! C'est facile à dire pour tous ces papy boomers qui siègent à l'assemblée: ils seront déjà morts quand leur plan devra entrer en action! Mais Rona... Rona! On doit avoir le même âge toi et moi! Tu ne tiens pas à la vie, Rona? Tu t'en fous? Des enfants, en as-tu? En veux-tu? Tu t'en fous des générations à venir?

    Je vous invite à aller visiter le site www.stopglobalwarming.org et à regarder l'excellent film An Inconvenient Truth de Al Gore. Ça va vous donner de l'insomnie, mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Notre gouvernement le fait déjà trop bien.

    18.10.06

    La vraie beauté?

    Hier, j'ai reçu un message de "La meute", groupe parisien des 'encore féministes'. Les membres viennent d'écrire au président de la Fédération française de la couture pour que la France emboîte le pas à Madrid et Milan qui, toutes les deux, ont créé un règlement empêchant les mannequins trop maigres de participer aus défilés de mode des grands couturiers. Je me demande à qui nous pourrions envoyer une telle lettre au Canada. Sûrement pas à Bev Oda, ministre de la condition féminine! Elles nous diraient sûrement que ces anorexiques porte-manteaux ont seulement besoin de plus de... spiritualité.

    Puis, j'ai reçu un autre courriel de Monica m'annonçant qu'elle a contacté la Clinique Morgentaler d'Edmonton pour leur demander ce que l'on pourrait faire pour les aider à se défendre contre la propagande de leur voisin pro-vie. Nous attendons une réponse. Et je vous en redonne des nouvelles.

    Et enfin, Marianne m'a fait parvenir ce lien vers le Dove Self-Esteem Foundation. Visionnez le petit clip sur "la vraie beauté", et vous m'en donnerez des nouvelles.


  • http://www.campaignforrealbeauty.com/home_films_evolution_v2.swf


  • Oh, un dernier petit mot pour vous, toutes les femmes de ma vie: vous êtes belles. Pour de vrai.

    11.10.06

    Invitation: enragées... et engagées

    Comme je suis contente! J’ai reçu tout plein de réponses suite à ma déclaration féministe! (Je sais que c’est un peu compliqué de laisser des commentaires sur le site de blogspot, mais faites comme les autres, envoyez-moi un courriel si vous voulez ajouter votre grain de sel : jothibeault@yahoo.com)


    Quand je vous dis que la situation des femmes régresse plus qu’elle ne s’améliore… Dans un courriel, mon amie Marianne m’a rappelé les annonces faites il y a quelques mois par notre cher gouvernement conservateur. Couper 5 millions $ dans l’administration de Condition féminine Canada et restreindre le mandat du Programme de promotion de la femme, son principal subventionneur. Au lieu de «promouvoir l'égalité de la femme», on y va dans le plus général, le plus flou : «faciliter la participation des femmes à la société canadienne en améliorant leur situation économique, sociale et culturelle». Bev Oda, ministre du Patrimoine et de la Condition féminine, croit d’ailleurs qu’il est inutile de faire des études sur les enjeux entretenant l’inégalité de la femme (inéquité salariale, abus, sexisme, discrimination) puisque ceux-ci sont bien connus ! Le programme ne subventionnera donc plus les organismes qui défendent les droits de la femme et qui font du lobbyisme auprès du gouvernement et des entreprises. Mais les projets qui concernent la «spiritualité» des femmes sont maintenant admissibles à du financement fédéral ! Voilà, femmes victimes de violence et de pauvreté, retournez à vos casseroles et à votre chapelet, réfugiez-vous dans les bras de Dieu.


    Autre sujet d’actualité au Québec : le fléau des gangs de rues. La député bloquiste, Maria Mourani (je lui lève mon chapeau), vient d’écrire un livre à ce sujet et a, par le fait même, fait des révélations étonnantes sur les filles qui font partie de ce phénomène. Traitées comme de la « marchandise », elles n’ont d’autre valeur que le cul, véritable monnaie d’échange et de pouvoir pour leurs petits, mais maintenant puissants, gangsters. Une jeune femme, en dansant et se prostituant pour la gang, peut lui rapporter plus de 250 000$ par année. On parle de Montréal, pas de Bangkok ! Souffrant d’un manque d’estime personnel, elles sont happées, manipulées par les caïds et se retrouvent prises dans les gangs.

    Quand je vous dis que ça régresse…

    La Clinique Morgentaler d’Edmonton a pignon sur rue dans le quartier Oliver depuis bien longtemps. Mon amie Monica vit à un bloc de celle-ci. Dernièrement, le tailleur chilien qui tenait boutique juste en face de la clinique a dû quitter les lieux. Le bâtiment a été vendu. Qui s’y est confortablement installé par la suite ? Un bureau de l’organisme PRO-LIFE. Leurs membres tiennent maintenant des vigiles face à l’établissement « ennemi », scandant le droit du fœtus, mais piétinant, encore une fois, les droits des femmes.


    Qui veut nous joindre, Monica et moi, pour une petite manif pro-choix et du bénévolat au centre de planning familial? LET US ROAR! Rugissons! Engageons-nous!

    4.10.06

    Encore féministe?

    « Le féminisme n’a jamais tué personne, mais le machisme tue tous les jours. »
    Benoîte Groult


    Certains d’entre vous se souviennent peut-être encore de la chronique que je tenais dans le journal Le franco il y a quelques années. Mes commentaires sociaux, sous la rubrique « Le mot de trop », avaient suscité bien des remous dans la communauté francophone d’ici, très conservatrice chez les plus âgés, puisque j’y avais traité de sujets personnels et actuels tels que le féminisme, le nudisme, l’homosexualité, le mariage, la télévision, etc.

    Ma première chronique s’appelait : « Pour un nouveau féminisme? (on ne naît pas femme, et maudit que c’est compliqué de le devenir)». J’avais eu envie d’écrire sur ce sujet en réaction à toutes ces femmes de mon âge qui répondent avec horreur « Pas moi! » quand on leur demande si elles sont féministes. Combien de fois je me suis retrouvée dans des soirées, autour d’une table, à me chicaner (presque) avec des amies qui sont persuadées que le combat des femmes pour l’égalité est terminé, que tout est gagné, que nous vivons dans le meilleur des mondes. Ces filles ne voulent tellement pas être associées à l’image de « la maudite féministe » qui déteste les hommes, la frustrée, la mal-baisée, qu’elles ne creusent même pas leur réflexion assez loin pour se rendre compte que si, par exemple, nous avons maintenant accès à la contraception et à l’avortement, c’est que quelqu’un a dû se battre pour que ça arrive!


    Dimanche soir, à Tout le monde en parle, j’ai écouté les propos la féministe BENOÎTE GROULT. Ses mots ont résonné en moi et j’espère que toutes les femmes qui l’ont entendue ont cessé de croire à l’image de la vieille féministe frustrée et mal baisée pour s’avouer qu’elle a raison. Les droits des femmes sont des cadeaux et on pourrait très facilement nous les enlever. Les femmes de mon âge et celles qui suivent sont complètement ignorantes des combats des féministes depuis un siècle. On prend tout pour acquis et on oublie tout le chemin qui a été fait. Et dans cette insouciance, on ne voit même pas quand nos droits régressent, on ne s’aperçoit même pas de toute la haine contre les femmes qui fusent encore partout sur la planète.


    Depuis deux semaines, dans tous les journaux, on traite de pute et de briseuse de ménage la politicienne Belinda Stronach. Elle est belle, elle est riche, elle est célibataire et elle aime les hommes. Pour cela, elle est une slut et une bitch. Mais, par contre, on a toujours célébré l’amour des femmes de Pierre-Elliott Trudeau et on a pardonné toutes les infidélités de René Lévesque. Jamais de trou-de-cul, de salaud, de macho ou de briseur de mariages (les leurs) pour ces hommes intouchables, bien sûr. Mais quand il s’agit d’une femme…

    Et puis, lundi, un pédophile de 32 ans est entré, avec des armes à feu, dans une école d’une communauté Amish de Pennsylvanie. Il a d’abord fait sortir les garçons (tiens, scénario déjà vu…), puis les profs et il a seulement gardé les dix petites filles. Qu’il a finalement abattues, à bout portant, tuant cinq d’entre elles et blessant grièvement les cinq autres. Ce que nous saurons plus tard, c’est qu’il avait amené avec lui des cordes et du lubrifiant. De quoi ligoter et sodomiser les fillettes.



    Ouais. Ça va bien pour les femmes et les filles de ce monde. C’est clair. Et je n’entre même pas dans les pratiques africaines d’excision du clitoris ou les crimes d’honneur musulmans. Ouais, ça va SUPER bien pour les femmes et les filles de ce monde.


    Je ne m’engueule plus maintenant avec ceux et celles qui rient de moi parce que je me dis féministe. Je laisse la télé parler pour moi.

    Après avoir lu mon blog, mon ami Kev va sûrement me demander ce que je fais pour changer les choses. C’est vrai que ce n’est pas facile d’avoir un impact, de créer du changement. À part écrire des textes de théâtre et des chroniques qui parlent des femmes, de leurs vies, de leurs défis, c’est vrai que je ne fais pas grand-chose.

    J’ai trouvé sur internet un site qui s’appelle « Encore féministes! », j’ai signé leur manifeste, j’ai signé leur pétition pour contrer la publicité sexiste. Je vous incite à en faire de même. Cette envie de lutter pour l’égalité des femmes germe en moi depuis des années, elle n’est pas encore bien articulée ni concrète, mais ça s’en vient, croyez-moi. Pour l’instant, je suis, comme Benoîte et les autres… encore féministe.


    http://encorefeministes.free.fr

    18.9.06

    Changer son nom pour septembre **

    (** j’emprunte ici la traduction française du titre d’un poème de Myrna Garanis qui participera en fin de semaine à la LEONARD COHEN NIGHT.)


    En 1967, Adrienne Clarkson animait l’émission « Take 30 » à CBC. Leonard Cohen venait de publier son deuxième roman : Beautiful Losers. En entrevue de fond avec celle qui allait un jour devenir notre Gouverneure générale, Cohen avait lancé que s’il avait à changer de nom, il choisirait septembre.

    Cohen aura 72 ans le 21 septembre prochain. Ma nièce Alysée partage la même date d’anniversaire que lui. Ma filleule Frédérique est née le 7, mon frère Alain le 5. Le mois de septembre est rempli de dates significatives. Le 23 septembre, c’est le nouvel an juif, et dimanche prochain commence le Ramadan. Et comment ne pas mentionner que cinq ans se sont écoulés depuis le fameux 11 septembre. Et maintenant, nous ajoutons à l’histoire le 13 septembre, avec la fusillade du Collège Dawson.

    Je n’avais pas envie de parler du 11 septembre dans mon blog, ni de Kimveer Gill, mais on dirait que septembre nous fait vivre, encore une fois, trop d’émotions pour simplement les balayer sous le tapis.


    Le 11 septembre 2001, vers 7 heures du matin, je me suis réveillée dans mon lit à la Centrale. La radio était à CHFA et on annonçait qu’un avion venait de percuter le World Trade Centre. Deux minutes plus tard, nous étions tous devant la télé, Yanik, Laulie, Guillaume et moi. En regardant CNN live, nous avons vu le deuxième avion s’écraser foncer dans l’autre tour. Nous étions bouche bée. Nous étions comme tout le monde. Scotchés devant la télé toute la journée pour comprendre. Pour s’imprégner de cet événement majeur qui, nous l’avons senti tout de suite, allait marquer l’histoire. Notre génération avait toujours été un peu insouciante des grandes catastrophes, des grandes guerres ou des tragédies qui frappaient ailleurs que chez nous. Le seul événement tragique qui ait pu nous marquer, c’est peut-être la tuerie à l’École Polytechnique en 1989. J’avais 16 ans à l’époque et ça m’avait surtout touchée parce que j’étais une fille et qu’on me poussait justement à devenir ingénieur à cause de mes bonnes notes.

    Le 11 septembre 2001, j’étais surtout inquiète de savoir comment se portait le trafic aérien dans le reste du monde puisque que Laulie et moi devions partir pour Amsterdam trois jours plus tard. Nous sommes effectivement parties, le 14 septembre, avec 8 heures de retard, pour un voyage d’un mois au Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg. Les back packers américains que nous avons rencontrés durant ce voyage ne comprenaient pas ce qui arrivait à leur pays, ils ne savaient pas à quel point ils étaient détestés partout dans le monde. Pour Laulie, c’était un premier voyage outremer; pour moi, c’était la fin d’une relation amoureuse de 4 ans, puisque Yanik et moi étions, inconsciemment, en processus de se séparer. C’est durant ce mois de septembre que j’ai adopté officiellement ma vie de pigiste, que je suis tombée en amour avec ces moments intenses d’écriture dans les cafés, que j’ai finalement accepté que j’étais une artiste. J’aurais effectivement, à ce moment-là, pu changer mon nom pour septembre.


    Cinq ans plus tard.

    Peut-on dire que les choses dans le monde ont tellement changé? On cherche encore Ben Laden, on brasse encore la même merde en Irak, on se mêle encore des affaires des autres en Afghanistan. Encore aujourd’hui on a annoncé la mort de 4 soldats canadiens. Et à toutes les émissions de nouvelles, on essaie de comprendre ce qui pousse encore des jeunes qui sont mal dans leur peau à s’armer jusqu’aux dents pour aller tirer sur leurs pairs dans une école.

    Le registre des armes à feu, le contrôle des sites internet, la sécurité dans les écoles… On radote encore là-dessus. Depuis des années. Mais on ne parle jamais des vraies choses. De la racine même de tout ce mal. De toute cette haine. De toute cette peur. Je ne crois pas au bien et au mal. Je ne crois qu’en deux pôles, d’une part l’amour, et de l’autre, la peur. Et quand je regarde tout ce qui se passe encore en 2006, je n’en reviens pas. Nous n’allons pas bien. Pas bien du tout. On dirait qu’il n’y a que les mois de septembre pour nous brasser la cage et nous rappeler qu’il faut faire quelque chose pour que ça change.

    Comme s’aimer un peu plus. S’aimer beaucoup plus. Sinon, ça va encore péter en septembre l’année prochaine.








    n.b. : SEPTEMBRE GLORIEUX

    Je m’en voudrais tout de même de ne pas raconter toutes les belles choses qui se passent ici en ce moment.

    LA P’TITE SCÈNE
    Nous avons relancé notre populaire soirée cabaret! Dans un tout nouveau décor, la P’tite scène est de retour depuis le 9 septembre, dans le Café des artistes. Des foules jamais vues auparavant se sont pressées pour venir prendre un verre et écouter de la musique. Une moyenne de 100 personnes ont visité la P’tite scène lors de ces deux premières soirées. Ne manquez pas cette semaine, une soirée « scène ouverte » avec nos meilleurs chansonniers!


    LEONARD COHEN NIGHT
    Je l’ai déjà pluggée plusieurs fois, mais je vous rappelle que la grande soirée aura lieu ce samedi, le 23 septembre.


    FEMMES SEULES
    C’est un reportage que mon ami, le journaliste Kevin Sweet de Radio-Canada, a réalisé sur les veuves du génocide rwandais et sur le travail de Nicole Pageau, qui dédie maintenant sa vie pour leur redonner dignité et amour. Très touchant, très beau. Ça fait réfléchir et c’est tout à fait à point avec ce qui se passe présentement au Darfour.


    Glorieux septembre…
    Autour de moi, les gens vivent de grands moments. Une de nos amies est récemment tombée en amour pendant un voyage au Rwanda. Une autre amie se fait ardemment courtisée depuis une semaine (une rencontre amoureuse à la P’tite scène! Yé!). Il y a la belle Lisette qui a acheté ses billets d’avion cette semaine pour son voyage autour du monde! Elle réalise son grand rêve, elle prend un congé sans solde d’un an pour voyager. Bravo! Kevin s’est acheté un chat, Rufus. Et jusqu’à date, il ne semble pas vouloir le rapporter au magasin. Notre amie Eveline va peut-être, finalement, nous présenter son fiancé (on commence à douter de son existence). Mon amoureux a trouvé un chantier où il est heureux et stimulé intellectuellement. Il travaille fort et ça se voit sur son corps de dieu… Et pour ma part, je viens de déposer une demande de subvention au Conseil des arts pour l’écriture d’une pièce de théâtre.

    Allez SEPTEMBRE! Continue de brasser nos vies… glorieusement.

    6.9.06

    La vie des gens riches... et libres

    Depuis hier matin, je suis riche.

    Je vous le dis. Riche parce que je n’ai plus de dettes. Oui, oui, croyez-moi, aucune dette. Je viens de faire le dernier paiement sur mon prêt étudiant. Fini! Bon, je sais, j’ai pris mon temps, dix ans pour être précise, j’aurais probablement pu le rembourser en quelques années, comme tout le monde. Mais j’ai choisi de voyager parce que c’était le seul investissement répondant à mes valeurs et à mes rêves. Grâce à ce remboursement au compte-gouttes, j’ai fait 8 séjours de plusieurs mois chacun, en Europe et en Amérique latine.

    Faut dire aussi que je suis une artiste qui travaille à la pige. Selon les standards albertains, je vis sous le seuil de la pauvreté, que dis-je, je gis sous le paillasson de la porte de la normalité en matière de revenus. Mais, au moins, je ne croule pas sous les dettes (pas de maison, pas de voiture, pas de télé 52 pouces, pas de barbecue). Ce qui fait de moi… une personne riche. Non?

    Bon, je n’ai pas des surplus de plusieurs milliards dans mes coffres comme une certaine province que l’on ne nommera pas. Mais je ne suis pas dans le trou.

    Pourtant, ce n’est vraiment pas la mode. En plus des centaines d’offres « achetez maintenant, payez dans 5 ans » pour des divans en cuir, des jacuzzi ou des VUS, la nouvelle tendance est l’achat de maisons à des prix exorbitants. C’est la folie furieuse. Partout en Alberta, avec l’arrivée massive des chercheurs de big bucks, tout le monde se garoche! Les gens se sentent coincés et obligés d’acheter NOW NOW NOW avant que ça monte encore, les offres d’achats sont faites dans le stress et le chaos, les paniqués achètent leur cabane à l’encan, ils paient des fortunes pour des maisons minuscules perdues dans les trous de la banlieue ou ils aboutissent dans des condos fades avec vue sur le balcon du voisin. Ils emménagent sans même ressentir la joie de se savoir nouveaux propriétaires et pour se rassurer d’avoir fait la bonne chose ils passent leur temps à vérifier la nouvelle valeur foncière de leur investissement, je vous le dis, on ne parle plus que de ça dans les partys et ceux qui ont acheté il y a quelques années se tapent dans le dos, mais se demandent quand même s’ils ne devraient pas vendre au cas où il y aurait un crash ou quelques cennes à faire, BREF, tout le monde est stressé et ne jase que d’argent et d’investissement et ça me donne MAL AU VENTRE! MERDE!

    Oui! Je l’avoue, je dois le partager, à cause de la situation économique de ma terre d’adoption (et mon âge peut-être aussi), je ressens quelque stress en pensant à mon compte de banque depuis quelque temps. Tout me fait miroiter mon avenir de pauvre. Quand on voit que l’écrivain moyen (qui réussit pourtant à publier 10 000 exemplaires de son livre) ne peut vivre que trois mois avec les revenus directs de la publication… quand on sait pertinemment que le milieu du théâtre est le plus mal payé des milieux de la scène… et quand on ne peut nier que le marché artistique francophone canadien est infiniment petit et que même au Québec tous les artistes en arrachent… quand on est comme moi une artiste francophone en Alberta… peut-on vraiment avoir l’espoir de faire un jour assez de sous pour se payer un toit à soi?


    Si je voulais être à la mode et faire comme le tout le monde, j'aurais deux choix : attendre que mon chum fasse assez d'argent pour nous bâtir une maison de paille ou trouver une job à temps plein dans une commission scolaire ou à Radio-Canada.

    C’est drôle, mais ça ne me tente pas. Pour le moment, je pense que je vais devoir me contenter d’être riche, à ma manière. Libre.

    26.8.06

    FRINGE AWAY!

    « All the World is a Stage »
    Shakespeare, As you like it


    Depuis une semaine, ma vie est une scène, mais elle consiste surtout à la regarder, à l’analyser et à la critiquer. J’ai vu 19 shows en 6 jours, du théâtre physique à l’improvisation en passant par la danse moderne, les marionnettes et les tragédies classiques. Je suis au bord de l’overdose, mais TRÈS inspirée. (Vive les contrats de pigiste pour Radio-Canada…)

    Le Fringe, c’est une grande fête de soleil de fin d’été, d’énergie créative et ludique, d’odeur de friture sur le site et de soif de vivre dans les multiples salles où se produisent les artistes. On ne peut pas dédier sa vie au théâtre si on n’aime pas la vie, point à la ligne. Quel bonheur de s’abreuver pendant 10 jours de toutes ces performances.

    C’est tout ce dont j’avais besoin pour débuter mon année (pour moi, les années débutent toujours en septembre; je ne pense pas que je pourrai quitter un jour le calendrier scolaire… Le jour de l’an, c’est l’été. On fait le bilan et on repart en neuf en septembre). Oui, l’année qui s’en vient en sera une de théâtre.

    Je m’arrache, encore en ce moment, les cheveux afin de compléter ma distribution pour ‘Le voyage du Couronnement’ et je prépare une demande subvention pour l’écriture d’une pièce, à soumettre au Conseil des arts avant le 15 septembre. Je me remue déjà les méninges pour l’écriture du RIRE que nous présenterons le 16 décembre comme revue humoristique de fin d’année.

    All my world is a stage et ma créativité a le trac. Ah… comme c’est bon d’avoir le trac!

    4.8.06

    Grand ménage

    J'ai promis à certains lecteurs fidèles de la blog-trotteuse d'en poursuivre l'écriture de retour de voyage, à raison d'une entrée par semaine, minimum. Heu... ouais, je me répète depuis trois ou quatre jours que je devrais écrire, mais je me demande ce qui serait intéressant à raconter pour le commun des mortels. Parce que depuis que je suis rentrée au pays, je fais du ménage.

    Attention, pas du ménage dans le sens féminin du terme (je n'ai malheureusement pas hérité de ce gène de la frotteuse effrénée dont semblent être dotées toutes les autres femmes que je connais -et quelques-uns de mes amis gais-, non, moi, je déteste torcher, décrasser, récurer, époussetter, balayer...). En ce moment, je fais plutôt du ménage dans mon identité, mes émotions, mes projets, ma garde-robe (eh ouais), ma santé, mon corps. Mon moi, finalement.

    J'ai mis bien des années à trouver une discipline de vie qui me convienne et me garde en santé, mentale et physique. Alimentation pointilleuse (sans farine de blé, sans produits laitiers, sans viande), temps de solitude méditative (généralement lors de longues promenades dans la ville), exercices créatifs quotidiens (principalement par l'écriture, mais aussi par la mise en scène ou le jeu quand j'ai des contrats), ressourcement imaginatif (livres, films, théâtre, concerts)... et une bonne dose d'humanité et d'amour (amoureux, amis, famille et boule de poil -Léo-). De cette dernière substance nourricière, je n'ai pas manqué durant mes deux mois de voyage, mais disons que la routine qui implique les autres items a été un peu mise de côté. Et j'ai écopé d'un petit déséquilibre mental et physique dont je me remets doucement.

    (J'ai peut-être perdu quelques-uns d'entre vous dans le dernier paragraphe... Et oui, si vous ne le saviez pas encore, elle est assez 'particulière', la trotteuse...)

    Alors oui, le MÉNAGE. À commencer par les vêtements d'été qui traînent dans mon placard et qui commencent à sentir la nostalgie et l'usure temporelle. Hop, dans le sac pour Good Will. Hop, dans le sac pour la fripperie Robes and Relics si c'est encore portable. AHhhhhhhhhhhhhhh! Quel bonheur de se départir de quelques guénilles! J'ai maintenant besoin d'une coupe de cheveux rafraîchissante, un petit masquage des gris et hop! J'ai le cheveu renouvelé! Les articulations criquent et craquent, les rondeurs fromagères se sont stockées sur les cuisses et le nombril, il est temps de refaire les kilomètres habituels à pieds, le yoga et le pilates. Hop! Stretche et fond. Stretche et fond. Cha cha cha.

    Suit alors le ménage dans les documents de travail et les ébauches de textes romanesques, enfin j'ai retrouvé mon ordi et je pitonne frénétiquement, comme une junkie qui rechute après une cure... Mais moi c'est l'inverse, ma cure, ma thérapie, c'est l'écriture. Alors j'écris. Et je lis. Obsession du moment, un autre Léo me berce, Leonard, le grand Cohen, et en plus d'écouter sa musique en préparation pour le show, je me tape ses romans: The Favourite Game, je découvre Montréal dans les années 50, de l'autre côté du Plateau, et ça me rappelle que j'avais eu le même plaisir avec Tremblay et la rue Fabre quand j'étais au Cegep, et maintenant je me balade sur Stanley Street et sur Sherbrooke avec le beau poète juif. Les Beautiful Losers m'attendent patiemment dans ma bibliothèque. Il fait trop beau pour aller au ciné, mais je vais me taper une semaine intensive de théâtre à partir du 17. Je fais la couverture du FRINGE pour Radio-Canada. Juste à temps pour ensuite le vivre encore plus intensément avec Le voyage du couronnement.

    Ahhhhhhh... Oui. Je me retrouve. Oui, oui, ça va mieux.