24.4.07

Mon toit

Bon, vous le savez déjà, le boum économique a fait monter, entre autre chose, le prix des maisons et le prix des loyers en Alberta. Des prix RIDICULES, si vous voulez mon avis, une situation grotesque et, maintenant, carrément dommageable pour la population edmontonnienne. Ce n’est pas un phénomène nouveau, l’expansion, la gentrification, toutes les grandes villes y font face et moi, ça m’inquiète énormément.

Voyez-vous, Edmonton est une ville très culturelle, remplie d’artistes (je sais, ça surprend toujours les gens, mais y’a pas que des cowboys et des magnats du pétrole dans le coin). Pendant 9 ans, j’ai habité dans ce qu’on appelle un « fourplex », un petit bloc avec 4 appartements construits sur deux étages. Nous avions donc 3 chambres à l’étage et une au sous-sol. Au rez-de-chaussée, un grand salon avec balcon, une grande cuisine et une petite salle de bain. En plus de la chambre du sous-sol, un espace pour la laveuse-sécheuse et l'entreposage. Le prix de ce grand loyer? 600$. Aucune augmentation en 9 ans et toujours au minimum 4 locataires dans la place. Si vous faites le calcul assez vite, de 21 à 30 ans, ça ne m’a pas coûté très cher pour me loger et ça m’a permis de lentement développer une carrière d’artiste pigiste, en plus de voyager à tous les ans. Pensez-vous que j’en serais là si j’avais eu à payer 800 ou 900$ par mois pour avoir un toit sur ma tête?

Combien coûte un tel appart maintenant? Multipliez au moins par deux et, dans certains cas, par trois. Mais le problème ne réside pas seulement dans le coût. Les petites maisons qui étaient autrefois à louer ont toutes été vendues (dans le centre de la ville, rien ne se vend plus en dessous de 300 000$ maintenant) et les duplex, triplex et autre plex, en plus de plusieurs blocs-appartements, ont tous été transformés en condominiums et vendus, à gros prix, dans le temps de le dire.

À pareille date l’année dernière, juste après la fin des cours universitaires, je voyais chaque jour deux ou trois appartements à louer. Cette année, je peux compter sur les doigts de ma main les logements affichant le signe « For Rent ». Je connais plusieurs amis qui ont été gentiment expulsés de leur appart parce que leurs bâtiments se font raser pour laisser place à la construction de méga-complexes de condos de luxe (qui, dans quelques années, seront probablement déclarés « leaky condos », comme bien d’autres. Et le pire là-dedans, c’est que les gens les achètent quand même, à 250 000$ et même plus…). Ces amis délogés cherchent en vain des apparts décents. La plupart d’entre eux gagnent de bons salaires, mais sont découragés à l’idée de payer 1000$ pour un « one-bedroom »…

Comment font donc les gens qui gagnent 10$ de l’heure? Comment feront donc tous les artistes qui ont choisi Edmonton et l’appréciaient pour sa qualité de vie?

Dans des villes comme Montréal, Toronto ou New York, la gentrification pousse toujours les artistes à changer de quartier. Quand les vrais artistes montréalais (pas la petite poignée qui fait le front d’Échos-Vedettes) n’ont plus été capables de se payer le Plateau Mont-Royal, ils ont migré vers Hochelaga-Maisonneuve ou Saint-Henri. À New York, ils se sont installés à Brooklyn et maintenant ils sont encore forcés de bouger vers Queens.

Le problème avec Edmonton, c’est qu’il n’y a pas de vieux quartier pas encore « hip », il n’y a rien en dehors des limites de la ville, sauf les nouvelles banlieues, justement, qui ont poussé comme des champignons et offrent des paysages carton-plâtre de grosses cabanes à 4 garages toutes collées les unes sur les autres, sans arbre et sans caractère.

Où iront les artistes, les marginaux, les jeunes familles d’Edmonton puisqu’ils ne pourront jamais se payer des cabanes à 400 000$? Je me le demande bien. Surtout que je fais partie de ces gens-là.

Seb et moi voulions trouver un plus grand logement l’année dernière. Louer une petite maison peut-être. Au moins, avoir une pièce de plus pour faire une chambre d’amis et un bureau. Cette alternative est devenue carrément impossible. Pour le moment, on s’accroche, en croisant les doigts, à notre petit « one-bedroom » en plein cœur du Old Strathcona. On embrasse nos planchers de bois franc, on savoure notre bon deal à 560$ par mois et on remercie l’univers d’avoir des proprios humains qui n’ont pas augmenté le prix de notre loyer encore, simplement parce qu’ils pourraient le faire (il n’y a pas de régie du logement en Alberta, les proprios peuvent donc faire ce qu’ils veulent… et ils le font).

Avant, je me disais « il y aura toujours Saskatoon! », mais non, ce n’est même plus une option puisque les villes de la Saskatchewan connaissent maintenant le même problème depuis qu’ils ont découvert des sables bitumineux dans le nord de la province!

Bah… si jamais on nous pousse au pied du mur et qu’on est obligés de nier nos vocations pour devenir fonctionnaire ou ingénieur, tant qu’à payer 1500$ de loyer par mois, on ira s’installer à Vancouver. Au moins, on aura la mer.

23.4.07

AVRIL: point final

Le mois d'avril met un point final à bien des choses: fin de l'hiver (en théorie), fin de l'année universitaire, fin des saisons artistiques, fin des rapports d'impôts, etc. Toutes ces fins m'accaparent et expliquent bien pourquoi je n'écris pas souvent dans mon blog depuis quelques semaines.


Mais, cette année, s'ajoute aux moments émotifs d'avril une bonne nouvelle de la part de la bureaucratie gouvernementale: voyez, sur la photo, le visage du soulagement. Mon chéri, monsieur Sébastien Guillier-Sahuqué est officiellement résident permanent du Canada!

On a fait péter le champagne pour l'occasion (du vrai, quand même, sauf pour les verres) et on a partagé ça avec les amis, mon frère et mes nièces. Enfin, l'attente et l'inquiétude sont apaisées. On peut continuer à bâtir notre vie et entamer de nouveaux projets ici! Jusqu'aux prochaines démarches... avec la bureaucratie française. Aie aie aie.



Mais pour le moment, on travaille fort, le Gala albertain de la chanson s'en vient à grands pas. La semaine dernière, nous étions à Calgary avec l'équipe. Les artistes de l'édition 2007 ont donné un très bon show. Devant 240 ados, c'était le délire! Ils ont même eu droit à la signature d'autographes après le spectacle. Le début de la gloire, je vous dis!

Si vous voulez en savoir sur nos artistes musicaux, visitez le www.musique-alberta.ca

14.4.07

Start spreading the news...


Comme à tous les printemps, j'ai des fourmis dans les pieds. Je célèbre d'ailleurs cette année 10 ans de voyages annuels. En 1997, lors de la longue fin de semaine du congé de la reine, je me suis envolée vers l'Europe pour la première fois. L'année suivante, toujours à la mi-mai, je partais voyager trois mois en Amérique centrale. Après, les dates de départ se sont éparpillées entre mai et septembre, mais tout de même, à chaque année, quand arrive avril... j’ai envie de faire mes bagages, je parcours les rangées de livres de voyage dans les librairies, je rêve de prendre le taxi pour l'aéroport.

Cette année, je mets le cap sur l'est du pays, pour voir famille et amis, mais avant, je fais un petit détour. Je me gâte. Une petite semaine à NEW YORK. Start spreading the news, I'm leaving on May 15th!

Section « travel » du libraire de la Whyte Ave, j'ai spotté rapidement le logo de Lonely Planet et me voilà avec une nouvelle bible de chevet: NYC.


J’ai visité New York qu'une seule fois, il y a 17 ans. J'en avais donc 17 (et il faudra bien que j'y retourne quand j'aurai 51 et 68 ans, parce que j'aime bien ça, les cycles). Nous étions donc 105 filles, à la veille de terminer nos études secondaires, lancées dans Times Square, virées sur le top de l'Empire State Building, buzzées de prendre le métro new-yorkais, flabergastées de voir la statue de la liberté, émues devant le Dakota où Lennon a été assassiné. L’image la plus forte, gravée sur ma rétine : au loin, le skyline de Manhattan, en arrivant en autobus. La Husdon River entourant un paquet de gratte-ciel et deux tours immenses qui dépassaient de tout ça. Deux tours de Babel pour s'approcher des dieux. Qui aurait cru que, onze ans plus tard, elles seraient réduites à un déluge de poussières...


L’idée que je me faisais de New York, même avant 1990, a été modelée par la télé et les films. Vous vous rappelez de Sesame Street? Les personnages réels et les marionnettes se tenaient sur les larges escaliers des brownstones. À côté, des poubelles d’aluminium d’où sortait le Cookie Monster et des petits lampadaires verts aussi grands que Big Bird. Même à 3 ou 4 ans, New York semblait cool, multi-ethnique, artistique. J’ai joué longtemps avec la maison Sesame Street de Fisher Price. Sans le savoir, j’aimais déjà les vieux appartements de briques avec des planchers de bois franc, les rues animées, les ruelles qui montrent l'envers du décor, l’exostisme et la bonne bouffe qu'apportent les quartiers chinois, italiens, juifs, latinos...




Et puis le film FAME à confirmer tout ça. Une école de « performance arts ». Ça y était. Je voulais vivre là, moi.


J’ai ensuite admiré ou imaginé New York en regardant The Cosby Show, les films Splash et Big avec Tom Hanks, l’émission Friends, Sex and the City, sans oublier les Woody Allen et les Martin Scorcese, et puis Spike Lee. Ah… New York.


New York a bien changé depuis Sesame Street, même depuis Sex and the City. Il faut maintenant voir Brooklynn, Queens et le Bronx pour avoir une petite idée de New York. Il faudrait avoir plus d’une semaine pour sentir qu’on y a vraiment mis les pieds. J’espère que ça ne me prendra pas 17 ans pour y retourner.

4.4.07

N’ajustez pas vos écrans, c’est fini.

Comme vous le savez peut-être, je n’ai pas le câble. Mais avec une bonne paire d’oreilles de lapin, on arrive chez moi à capter très clairement 6 chaînes, dont Radio-Canada et CBC. Tout ce dont j’ai besoin, vraiment. Bah… disons que si j’avais une baguette satellite magique, je ferais apparaître sur mes ondes la délicieuse ARTV, mais sinon je suis pleinement satisfaite de ce que me procure le tube cathodique (je ne suis évidemment pas rendue au HD).

Avec ce choix limité de chaînes, on se retrouve automatiquement limité quant aux choix de séries à suivre. Et, afin de rester connectée à la culture québécoise (question de suivre les conversations pop-culturelles des amis et de la famille quand je retourne dans l’est), j’ai adopté plusieurs séries radio-canadiennes de la dernière décennie.

Un gars, une fille, La vie, la vie (la meilleure d’entre toutes, sans contredit), Rumeurs (joyeuse consolation quand La vie, la vie a pris fin), Les Bougon, sans oublier les émissions culturelles ou d’affaires publiques comme Tout le monde en parle (évidemment).

Parfois, je n’accroche pas à la première saison d’une série et puis, un jour, je me réveille et j’aime ça. Ça a été le cas de l’excellent Minuit, le soir, qui se terminait la semaine dernière, et de l’émission Les Invincibles, qui a pris fin lundi.


LES INVINCIBLES

J’avais attrapé Les Invincibles lors de sa première saison, intriguée par le travail du groupe de François Létourneau et de ses boys, que j’avais bien aimé dans Québec-Montréal et un peu moins dans Horloge biologique. Mais, en visionnant les premiers épisodes, j’avais tellement DÉTESTÉ ces quatre pauvres mecs que je n’avais pas pu continuer. Les personnages des invincibles ont exactement mon âge et j’avais l’impression de vivre un flashback surréaliste de mes années de Cégep et d’université, avec tous ces gars lâches et menteurs et fuyants et égocentriques qui peuplaient nos amourettes à mes amies et moi (pas étonnant que je sois partie dans l’Ouest, un peu beaucoup parce que je couvrais une peine d’amour ridicule pour un gars typiquement invincible qui avait été lâche, menteur, fuyant et égocentrique avec moi. J’ai d’ailleurs fait un petit calcul très scientifique pour aboutir à cette statistique très révélatrice : seulement 28% des hommes que j’ai fréquentés dans ma vie étaient des Québécois.)


Bref, ces loosers ne m’étaient pas du tout sympathiques et ce n’est que cette année que j’ai appris à AIMER LES HAÏR! Yé! Dans la dernière saison, les loosers se calaient dans leur médiocrité, ils se roulaient dans leur bassesse et ils se faisaient encore plus fourrer par les femmes! Quelle jouissance. Voilà, j’ai eu l’impression de me venger des petits machos poches de mon adolescence. Alors, oui, j’ai adoré tous les épisodes jusqu’à la finale, j’ai peu à peu eu de la compassion pour Steve, et puis pour l’autre, le Rocker au père encore plus looser que lui… Pour ce qui est de P-A, le personnage que je méprisais le plus, j’ai été agréablement surprise de voir qu’il avait trouvé un peu d’empathie en lui pour vouloir assister à la naissance de l’enfant d’une de ses « victimes » (mais j’aimerais bien voir l’éducation masculine qu’il donnerait à ce bébé garçon puisqu’on a maintenant vu de qui il a à retenir en matière de paternité). Et Carlos, pauvre petit Carlos, minus minable… qui se retrouve en enfer encore une fois avec Lyne la pas fine. Qui se ressemblent s’assemblent. Ben bon pour vous! Et ils vécurent malheureux et firent des enfants fuckés.



MINUIT, LE SOIR


Minuit, le soir… Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh. De la BONNE télé.

Wow.

Un nom.

(Non, pas Claude Legault. Même si je trouve, moi aussi, qu’il est à croquer).

Un nom? PODZ.

Un des meilleurs réalisateurs du Québec. Un artiste qui sait faire taire sa caméra pour nous montrer les silences les plus évocateurs des personnages les plus attachants. Les écorchés vifs de Minuit, le soir n’avaient pas besoin de jacasser pour nous montrer leurs blessures d’enfance. Leurs peurs étaient tangibles et la caméra de Podz a su les capter. Une trame narrative qui saute et avance et recule et tournoie mais qui raconte efficacement. Un jeu d’acteurs retenu et nuancé qui nous permet de plonger dans leurs yeux, jusqu’au fond d’une intériorité brute, encore saignante. On ne peut pas s’empêcher de s’attacher à tous ses personnages. On veut qu’ils soient heureux, on veut que Fanny se laisse aller à aimer Marc, on veut que le Vieux soit notre voisin d’à côté, on veut que le Gros se fasse une blonde. On veut tous les prendre dans nos bras pour leur dire que tout va bien aller.

Et même une fois que le corps du P’tit gît sur le sol, ensanglanté, même en regardant le générique se dérouler sous nos yeux, on se demande encore qui va prendre soin de Fanny, qui va consoler Louis et Anne-Julie, qu’est-ce qui va arriver au Sass, qui va les adopter de nouveau, comme nous, les téléspectateurs, l’avons fait depuis trois ans. On s’inquiète, comme si ces personnages-là, au-delà de la fiction, étaient vraiment devenus nos amis.

Ça, c’est la preuve que le Québec fait de la maudite bonne télé.

30.3.07

DJ Champion dans la City of... Champions

Grâce à la tournée orchestrée par le magazine musical Exclaim, on a eu la chance hier soir d'entendre deux groupes québécois à la U of A: Malajube et DJ Champion et ses G-Strings.

Bon, Malajube, je ne suis pas une fan. J'aime bien quelques-unes de leurs chansons, mais depuis que je les ai vu dire et faire des niaiseries en recevant leurs prix à l'Adisq, niaiseries qu'ils ont d'ailleurs répétées en entrevue au Téléjournal Alberta, je suis complètement turned-off et vraiment convaincue que ce sont une gang de tatas dont on n'entendra plus parler dans un an ou deux.


MAIS... DJ Champion.

Aaaahhhh (soupir).

Maxime Morin de son petit nom. Tout simplement génial et brillant. Sympathique en plus (lui, il a quelque chose à dire devant un journaliste). Et son show? Oh my God. Pas surprenant qu'il ait gagné le prix du meilleur show de l'année au Québec. J'ai tellement dansé et sauté que j'ai sué au point d'avoir toute la chevelure trempée (et de la chevelure, j'en ai long, mes amis).

Quand des artistes québécois nous font l'honneur de passer en sol albertain, j'ai toujours un regain de fierté quasi arrogante qui me remonte à la gorge et je crie aux grosses étudiantes de 6 pieds qui me poussent dans le mosh pit: tasse-toé grande nounoune, c'est MON band qui est sur la scène, tabarnak!

Et je continue à sauter et à suer comme une Madeleine. J'oublie que j'ai 34 ans et que le lever du corps sera dur le lendemain. Et je crie "Rock On" à MON champion.

27.3.07

Ô Springtime...

mardi soir: 23h19



Les jours de printemps sont enfin arrivés.


Léo le chat et moi avons fait la sieste au soleil.



En deux semaines, toute la neige a fondu.

Seb a eu deux jours de congé parce que les fenêtres ne sont pas arrivées au chantier.

Et aujourd'hui, on a célébré la journée mondiale du théâtre avec des amis comédiens.

Bref, la vibe est bonne pour tout le monde.



Je suis plutôt de peu de mots en ce moment, je crois que c'est parce que mon corps dégèle avec les bancs de neige.

20.3.07

De la musique dans la tete

http://www2.blogger.com/img/gl.link.gifC'est probablement parce qu'on vient de commencer à répéter le show du Gala de la chanson... j'ai de la musique dans la tête du lever au dodo.

Que ce soit les chansons de nos 6 participants ou de nouveaux trésors récemment découverts, voici un de mes derniers coups de coeur, apporté jusque dans l'Ouest par François Guy lors d'un atelier pour les interprètes et les auteurs-compositeurs: Alexandre Désilets, lauréat du dernier Festival de la chanson de Granby.

Sa chanson "J'échoue" est un réel petit bijou.


http://www.myspace.com/alexandredesilets

Aahhh... MySpace et son réseau musical...


On peut aussi y entendre Guillaume Bois, un bon ami et ancien habitant de La Centrale qui est retourné faire de la musique sur le Plateau:

en solo:
www.myspace.com/guillaumebois

J'aime particulièrement Un café, un expresso, qui me rappelle une autre coloc de la Centrale et les petites voix que faisait Guigui quand on faisait du théâtre ensemble.


Guillaume fait aussi partie d'un groupe: Darling A

www.myspace.com/darlingalegroupe

17.3.07

The Arcade Fire: Wake Up

(Bon, il fallait que je corrige le texte de mon merveilleux petit mari, tech informatique très généreux... mais je ne pouvais pas supporter qu'il y ait des fautes d'orthographe sur mon blog. Qu'on ne joue pas avec mes bébelles!)


Alors voilà une vidéo dénichée sur YouTube alors que j'essayais de comprendre tout le hype qui entoure le groupe Arcade Fire. Eh bien là, en voyant cette performance impromptue captée sur le vif, j'ai tout compris. Ça me rappelle une belle époque grunge qui nous tournoyait les tripes quand on chantait tous ensemble une ritournelle torturée par notre spleen en plein quête de vocation... Bon, oui, c'est difficile à mettre en mots. Alors écoutez.

14.3.07

Touche-à-tout pendant 7 ans… and then what?

À chaque semaine, je choisis pour mon blog un sujet assez précis à traiter, j’y trouve un angle personnel et j’écris. Je me base sur ce que je vis, au jour le jour, mais aussi sur ce qui me touche dans l’actualité. Cette semaine, je vous avertis tout de suite, je n’ai rien à raconter. Mais, depuis quelques jours, je reçois plusieurs messages de mes amis et de ma famille qui me souhaitent un joyeux anniversaire et me demandent « comment vont les projets? ».

Pour la plupart de mes proches qui vivent dans l’est du pays ou encore plus à l’est, c’est-à-dire en Europe, Edmonton est presque aussi exotique qu’une ville du Far West dans les films de John Wayne. Mais en plus moderne tout de même. Quant à imaginer ma vie en tant qu’artiste dans cette province anglophone qui tourne à cent milles à l’heure à cause du pognon qu’elle fait à extraire le pétrole de ses sables bitumineux, et bien, c’est un tour de force, je le consens.

Alors voilà, en quelques paragraphes, un portrait de ma vie d’artiste à Edmonton.


« I am a Free… lancer… »

Premièrement, pour ceux qui ne sont pas habitués au concept, je suis ce qu’on appelle une pigiste. Je travaille à contrat. Très rarement de 9 à 5. Parfois la fin de semaine, parfois le soir, parfois le jour. Parfois pas du tout pendant des jours. Pas de bureau, pas d’employeur fixe. Je travaille à partir de chez moi, je trimballe mon ordinateur portable partout, c’est mon bureau-baluchon. Je sais que ça inquiète beaucoup de gens, mais non, je ne peux jamais avoir de chômage et je n’ai aucun bénéfice ou avantage social. Mes lunettes, je les paie moi-même, mes nettoyages de dents aussi. La pension de retraite, connais pas. Moi, ma retraite, je la consomme à temps partiel depuis que je suis travailleuse autonome et je travaillerai jusqu’à la fin de mes jours, mais ça me rassure, car pour moi, le travail, ce n’est pas qu’un gagne-pain, c’est un mode de vie, c’est une vocation, c’est aussi nécessaire que de respirer, dormir, boire ou manger.

Pour le moment, j’ai des contrats qui s’échelonnent jusqu’à Noël prochain, mais après, je ne sais pas ce qui m’attend. Par contre, j’ai ma carrière en main, c’est moi qui crée mes projets et puis on m’offre constamment de belles opportunités que je n’avais pas vu venir et je les accepte si elles sont intéressantes. Travailler en « freelance », voilà ma définition préférée de la liberté.


La direction artistique de spectacles de musique

Présentement, je travaille comme directrice artistique pour un tremplin musical qui s’appelle le Gala albertain de la chanson. On sélectionne des auteurs-compositeurs et des interprètes à qui on donne des formations musicales et vocales, du coaching en écriture de texte et en interprétation. On monte ensuite un show avec six candidats qui doivent faire trois chansons chacun et puis on choisit deux gagnants qui se rendront à un autre gala du même genre pour les provinces de l’Ouest, et les gagnants de celui-ci se rendent ensuite au Festival de la chanson de Granby. Mes tâches consistent à former ces artistes en collaboration avec le directeur musical et, surtout, à gérer la mise en scène du show; créer un concept artistique, décider l’ordre dans lequel les chansons seront présentées, guider les techniciens pour l’éclairage, le décor, les transitions, en plus d’écrire les textes et diriger les animateurs de la soirée. C’est la troisième fois que je monte ce show et c’est toujours une très belle expérience. Cette année, comme les groupes ont maintenant le droit de s’inscrire au Gala, j’ai engagé ma gang d’humoristes, le RiRe, pour animer le show et une bande de bons copains, le groupe Allez Ouest, pour faire la partie musicale qui anime la foule pendant la délibération des jurys. C’est ce qu’il y a de bien avec les petits milieux artistiques, on est tous de bons potes et on s’invite à travailler ensemble dès que possible.


Du théâtre avec les ados

Deuxième gros projet : j’ai été approchée par l’Association des juristes de l’Alberta pour monter un projet de théâtre avec des ados francophones. Il s’agit de monter, avec des élèves de 16 à 18 ans, une pièce à propos de l’intimidation chez les jeunes en plus de leur apprendre comment fonctionne la nouvelle loi sur le système de justice pénale pour adolescent. Avec la troupe, nous tournerons ensuite dans les écoles primaires de la province pour présenter la pièce. Nous commençons les répétitions en septembre prochain. Avec les épisodes de violence de plus en plus fréquents chez les jeunes, autant dans les écoles que dans la rue, je suis vraiment heureuse de pouvoir utiliser le théâtre comme outil préventif. En plus, les jeunes avec qui je vais travailler sont super motivés et talentueux, ils veulent changer le monde à leur manière et choisissent les arts pour passer à l’action.


Les petits à-côté

Il y a les gros projets et il y a les petits à-côté. Presque tous les mois, je joue la « fausse patiente » pour les étudiants en médecine de l’université. J’apprends mon rôle, j’ai des symptômes et des inquiétudes, ils doivent me questionner et faire un diagnostic, parfois un examen physique. Dans ces moments, je sers de poupée vivante; on prend ma tension, on teste mes réflexes, on palpe ma glande thyroïde, etc.

Je fais aussi beaucoup de contrats de photo. Principalement pour des spectacles de musique ou de théâtre. Je savais bien que ce ne serait jamais perdu, tout cet argent dépensé pour mon premier appareil Nikon à 17 ans, ni pour ces deux années d’études en cinéma à travailler la pellicule et l’image!




Le mall : la fin d’un documentaire

Parlant de cinéma… Plusieurs me le demandent encore : mon documentaire sur les centres d’achats? Et bien, il est terminé, eh oui. Finalement. Il y a quelques mois, les producteurs avaient encore des trucs à régler pour les assurances, mais c’est au niveau de la diffusion télé que ça semble être gelé. Comme le projet a traîné en longueur pour toutes sortes de raisons, les diffuseurs de Rad-Can à l’autre bout de la chaîne de collaborateurs ont eu le temps de voir passer dans leurs bureaux 3 ou 4 différents fonctionnaires, la productrice de l’ONF qui avait poussé le projet a eu le temps de retourner au privé, si bien que personne ne semble être d’accord à propos de l’arrangement qui avait été pris en premier lieu (je vous rappelle que j’ai commencé ce projet en janvier 2004…). Alors, entre Montréal qui n’en a rien à foutre des francos de l’Ouest, Toronto qui est Toronto et Winnipeg qui essaie bien fort, personne ne s’entend et moi je poirote à Edmonton. Alors voilà où s’en est. Une expérience aigre-douce, pour être bien honnête…


Après le grand tour… une remise en question

« A bittersweet experience » qui a surtout bouffé beaucoup de mon énergie et a dispersé mon « focus » créatif pendant trois ans. Je m’en suis aperçue cette année quand il est devenu clair qu’on m’avait un peu oubliée dans le milieu théâtral d’ici, surtout comme comédienne. À travers le montage interminable du documentaire, j’ai surtout fait de la direction artistique et j’ai passé beaucoup de temps à écrire et à pousser quelques projets de création littéraire collectifs qui n’ont finalement jamais débouché. J’ai donc été un peu isolée des autres artistes de la scène et maintenant je vis une certaine remise en question.

Comme si je venais de faire le tour… C’est en janvier 2000 que j’ai officiellement commencé à gagner ma vie comme artiste. Sept années où j’ai touché à tout, vraiment, à tout. J’ai joué dans des pièces pour enfants, j’ai joué dans des pièces pour adultes, des dramatiques et des comédies musicales, j’ai joué et écrit des shows humoristiques, j’ai fait des mises en scène au théâtre et des directions artistiques de shows de musique et de danse, j’ai écrit des monologues et deux pièces pour le théâtre, j’ai enseigné le théâtre aux ados, j’ai écrit et interprété des chroniques pour la radio et publié dans des périodiques, j’ai chanté sur scène avec des groupes et comme choriste, j’ai fait des voix en studio pour des pubs, des jeux vidéos et des programmes scolaires, j’ai fait de la photo, j’ai tenu une chronique cinéma hebdomadaire à Rad-Can, j’ai scénarisé et réalisé un documentaire et j’ai commencé un blog.

À part le roman que j’ai toujours voulu écrire (pour le moment, je me contente d’écrire des nouvelles qui seront éventuellement publiées, je l’espère), j’ai touché à tout ce que je voulais toucher.


And then what?

L’envers de la médaille des milieux artistiques qui sont petits et non saturés… c’est qu’on vous offre constamment du travail, si bien que vous n’avez jamais à vous demander : mais qu’est-ce que je veux vraiment faire, moi, maintenant?

Voilà où j’en suis. En faisant le grand tour comme ça de toutes les disciplines artistiques qui m’intéressaient, j’espérais secrètement que l’une d’entre elles allait se démarquer des autres et m’annoncer qu’elle seule était ma véritable voie. Mais non. J’ai tout aimé et j’aime encore toucher à tout ce que j’ai énuméré ci-haut.


Alors voilà, je n’ai maintenant plus le choix, je dois écrire un show de théâtre-musique-danse dans lequel je jouerai, chanterai, danserai et dirigerai avec mes amis comédiens-chanteurs-danseurs, avec en arrière-plan des projections photo et vidéo que j’aurai faites moi-même… je tiendrai un journal de bord de ce projet sur mon blog et dans le journal franco d’ici et à la radio de Rad-Can… en plus de publier ensuite un roman sur toute cette expérience.


HA! HA! HA! HAH! Ah ah ah! … Ah ah… ah. Non, mais sans blague.

Pourquoi pas?


À suivre…

8.3.07

L'autre moitié de l'humanité

Officiellement, le 8 mars est la Journée internationale de LA femme... LA femme, quelle femme? Comme si LA femme était un phénomène particulier à traiter au singulier, une problématique parmi tant d'autres sur laquelle on doit avoir son opinion, comme la peine de mort ou la guerre. La journée de LA femme, comme si cette espèce qu'est LA femme n'avait pas encore été résolue, disséquée...

Un de mes amis a très bien démontré ce que je tente d'articuler en lançant cette affirmation spontanée hier soir: "les femmes, il faut que vous acceptiez que vous avez les mêmes combats à mener que toutes les autres minorités..."

J'ai sauté sur ma chaise, presque renversé mon vin rouge: "... une "minorité"? Ah, bon, les femmes sont une MINORITÉ?!" Il a bafouillé, "ben non, c'est pas ce que je voulais dire..." Ben oui, mon homme, tu l'as dit malgré toi, c'est peut-être pas de ta faute, mais ça dit EXACTEMENT ce que ça veut dire.

La Journée internationale de LA femme. Parce que LA femme, contrairement à L'Homme, n'est pas encore ce qu'elle devrait simplement être... un humain à part entière, la demie du grand tout, l'autre moitié de l'humanité.



En fait, en cette journée des femmes, je ne souhaite qu'une chose: je rêve du jour où nous n'aurons même plus besoin de fêter cette Journée internationale de la femme. Le jour où, partout sur la planète, l'égalité entre les sexes sera véritable et la justice pour tous, spontanée et sans combat.

28.2.07

Le mois le plus court… le mois le plus long

Et oui, enfin il prend fin aujourd’hui, ce mois de février froid et neigeux. Comme j’y suis allée un peu fort sur le texte dans mon dernier post sur Joni et Frida, je vous gâte cette semaine avec des photos et des appréciations févrières fièvreuses mais plus concises. Parce qu’il y a eu beaucoup de beaux moments en février, malgré le froid et la neige.


Le bed-in, la Valentine et les noces de papier

Un mois de festivités amoureuses, je vous l’avais dit. Un an que nous sommes mariés! Malgré les prédictions pas fines de Pat, mon derrière n’a pas élargi de quelques centimètres et, malgré les craintes de tous les plus de 40 ans (que voulez-vous, les opinions sur le mariage sont très générationnelles), le mariage, pour nous, « ça n’a pas tout changé »! Nous sommes encore tous les deux paresseux sur le ménage et la lessive, nous contribuons également aux dépenses de notre nid d’amour, nous continuons de partager tout, nos rêves, nos joies et nos inquiétudes, nous avons encore des projets de voyage (New York au printemps, BC en été et l’Asie en janvier prochain), nous nous gâtons encore de sorties amoureuses et savourons le plaisir du quotidien. Vive l’amour! On a fêté ça samedi soir dernier avec les amis dans un petit lounge de la Whyte Avenue.





Mon oncle Oscar

Avec les Oscars qui sont maintenant célébrés au mois de février, je me tape toujours plusieurs films en après-midi les semaines précédentes (les joies de la vie de pigiste, les matinées cinéma…). Mes coups de cœur de l’année?


LITTLE MISS SUNSHINE, le « feel good movie » de l’année, sans contredit. Touchant, hilarant, la vraie vie avec ses retors et ses beautés. Une famille "dysfonctionnelle" et un West Falia qui ne fonctionne tout croche… Ça donne un film qui fonctionne à plein régime. La petite Abigail Breslin est charmante en pré-ado boulotte qui rêve de gagner un concours de beauté; le grand-père héroïnomane et obsédé sexuel joué par Alan Arkin est pissant lui aussi, mais je ne crois pas qu’il méritait un Oscar pour son rôle de soutien.



Je l’aurais décerné, haut la main, à Jackie Earle Haley, celui qui incarnele pédophile de LITTLE CHILDREN. Un autre de mes coups de cœur. Un petit film sans prétention qui vient nous malaxer l’intérieur et nous laisse bouleversés. Beau, beau, beau. Et j’adore Kate Winslet en intellectuelle mal mariée qui se retrouve prise dans la vie de mère au foyer en pleine banlieue bourgeoise.



NOTES ON A SCANDAL, avec une autre actrice que j’admire énormément, Cate Blanchett, éblouissante en enseignante de beaux-arts qui se fait prendre dans une relation amoureuse avec un élève de 16 ans. Et que dire de Dame Judi Dench? Merveilleuse. Un jeu nuancé, subtil, qui vous donne des frissons dans ses manigances manipulatrices pour séduire sa belle collègue.





Finalement, VENUS, avec Peter O’Toole. Seb et moi, on en a parlé pendant des heures en sortant du cinéma. Toute une réflexion sur la vieillesse, entre autres, et sur ce qui nous attend. Voir un ancien sex-symbol, rien de moins (regardez-moi cette beauté, dans Lawrence of Arabia), en vieillard cadavérique, mais toujours aussi amoureux de la vie et des femmes, encore rempli du désir de donner du plaisir, c’est tout à fait bouleversant.






Comme vous le voyez, je préfère les petits films aux gros "blockbusters", mais j’ai quand même beaucoup apprécié THE DEPARTED et j’étais sincèrement vraiment émue que Scorcese gagne enfin sa statuette pour le meilleur réalisateur!

J’ai aussi adoré BABEL, que j’ai vu il y a plusieurs mois déjà… Mais j’ai aimé tout ce qu’a fait Alejandro Gonzales Inarritu avant Babel (Amores Perros, 21 Grams), alors je n’étais pas surprise de la qualité de ce film chorale très intense. Mon coup de cœur dans ce film? Le jeu d'Adriana Barraza, l’actrice mexicaine qui joue la nanny. Wow.



Voilà, le mois le plus court a été très long cette année, mais, encore une fois, mars finit par se pointer le bout du nez. Vivement le printemps.

21.2.07

Joni et Frida

J’ai toujours eu une admiration et un intérêt plus marqués pour les femmes artistes que pour les artistes masculins. Peut-être parce qu’elles sont plus rares. Pas qu’il y ait moins de femmes qui soient des artistes, mais il est plus rare qu’une femme réussisse à mener sa vie d’artiste, comme le ferait un homme. Le mariage, la maternité, le sexisme d’une autre époque et ses résidus dans nos mondes contemporains, plusieurs facteurs externes influencent la carrière d’une femme artiste. Je suis heureuse de voir qu'on rend hommage aujourd'hui à celles qui se sont accomplies, comme femme, amoureuse et artiste.


L’artiste torturée.

Je suis allée voir la pièce Frida K. de Gloria Montero, présentée au Citadel jusqu’au 25 février. Wow.

J’aime la conclusion de ce long monologue de Frida, à la veille de sa première exposition au Mexique, peu de temps avant sa mort, à 47 ans. Après avoir peint toute sa vie pour oublier sa douleur physique et amoureuse, Frida Kahlo se demande : si je n’avais pas eu la polio quand j’étais petite et comme résultat cette jambe toute rabougrie, si je n’avais pas subi cet accident d’autobus qui m’a cassée en morceaux et empêché d’avoir des enfants, est-ce que j’aurais eu ce besoin de peindre?



Frida avait une volonté de vivre et un appétit pour le bonheur qui faisaient d’elle une amante dévouée et aurait fait d’elle une mère tout aussi généreuse. Même en santé, je crois qu’elle aurait donné un sens artistique à sa vie. Qui sait si elle se serait mariée à Diego Rivera, peut-être qu’elle ne se serait pas ralliée au mouvement communiste et qu’elle n’aurait pas couché avec Trostky, mais je suis persuadée qu’elle aurait tout de même trouvé dans l’art une façon de défier la vie.



L’artiste engagée

Tout d’abord étudiante en beaux-arts, Joni Mitchell a gratté la guitare et écrit des chansons pour le plaisir. Malgré elle, une carrière d’auteure-compositeure s’est imposée et elle a vécu tous les grands moments musicaux de l’époque hippie. Ses chansons folk et intimistes restent dans la tête et font vibrer les cordes sensibles de bien des gens. Puis les années 80 sont arrivées et, comme tous les autres musiciens de sa génération, le son de sa musique a changé, sa voix aussi, devenue très grave à cause des deux paquets par jour fumés sans culpabilité. De toutes façons, Joni n’a jamais arrêté de peindre, alors elle a arrêté de faire des albums et… elle a peint.



J’ai découvert Joni Mitchell sur le tard, par l’entremise d’un ami chansonnier qui m’avait fait un tape s’ouvrant avec l’album Blue. Et je n’ai plus jamais arrêté d’écouter cet album (j’ai acheté le CD deux fois depuis la cassette qui a fini par mourir de sa belle mort). A case of you. California. Carey. River... Puis j’ai acheté d’autres albums et j’ai chanté

And the seasons they go round and round
And the painted ponies go up and down
We're captive on the carousel of time
We can't return we can only look
Behind from where we came
And go round and round and round
In the circle game

J’ai toujours eu une petite faiblesse pour "l'hippitude". Alors Joni Mitchell est devenue pour moi une des plus grandes parmi les grandes.

Quand j’ai appris, il y a un an, que le talentueux chorégraphe de l’Alberta Ballet, Jean Grand-Maître, allait créer un spectacle sur l’œuvre de Joni, j’étais vendue d’avance. Alors samedi passé, j’ai vu Dancing Joni.

Comme bien des gens, même si la plupart n’ose pas le dire, j’ai été un peu déçue du résultat.

On aime Joni pour ses chansons intimistes, sa voix particulière imbibée d’intériorité, la guitare qui résonne jusqu’à l’âme et le piano qui nous fait glisser sur les mélodies géniales. Oui, bien sûr, on a bien aimé Yellow Taxi pour son côté catchy et pour le message, mais pour un ballet, on veut que Joni nous parle des méandres houleux des relations personnelles, de la vie d’artiste, des voyages et du monde qui tourne et tourne…

Mais Joni ne le voyait pas ainsi. Je la comprends, elle est toujours vivante et toujours artiste, pas question qu’on fasse une œuvre récapitulatrice de son époque glorifiée. Et puis, Joni n’a plus 20 ans, ni 30, ni même 50, elle est au-dessus des relations interpersonnelles à démystifier. Il n’y a plus qu’un sujet qui la touche et qui ne peut attendre (et, encore une fois, je lui donne tout à fait raison) : le sort de notre planète.

Elle rencontre Grand-Maître à Los Angeles et lui donne le choix de 15 chansons, la plupart issues d’un album plutôt mal reçu par la critique et le public dans les années 80, Dog Eat Dog. Grand-Maître en choisit neuf et doit faire avec. De plus, comme Joni travaille justement sur des installations multimédias inspirées d’images de guerre qu’elle a captées sur un vieux téléviseur et transformées en vert et rose, elle propose de s’occuper des projections durant le spectacle.

Jusque-là, la recette semble avoir tout pour prendre. Et le mélange prend, mais seulement jusqu’à un certain point. Je lève mon chapeau à Jean Grand-Maître. Je n’ai rien à redire sur ses chorégraphies et sa mise en scène. Les danseurs, ces « athlètes de Dieu », offrent une performance à la hauteur de leur mandat et les numéros où ils se retrouvent tous en même temps sur la scène amènent le niveau d’énergie et d’émotions à son paroxysme.

Mais j’ai mes critiques à l’égard des choix de Joni Mitchell. Premièrement, la plupart des chansons du spectacle ont un son années 80 tout à fait rebutant. Elles se ressemblent d’ailleurs un peu trop pour faire avancer le ‘récit’ du spectacle. Comme ce sont des chansons peu connues, le spectateur doit déchiffrer les paroles, tout en essayant de saisir l’abstraction des projections qui, esthétiquement, n’apportent rien de nouveau en plus d’être souvent redondantes, sans oublier de suivre les danseurs pour apprécier la beauté et le sens de la chorégraphie. Peut-être ai-je une approche trop cérébrale du spectacle, mais je sentais qu’on nous lançait dans toutes les directions. La preuve, dans un morceau plus lent avec comme seule projection un ciel étoilé et une lune dont on s’éloigne lentement, on se laissait tout naturellement embarqué et émerveillé par l’ensemble de l’oeuvre.

Pour la metteure en scène en moi, les morceaux les plus percutants sont en somme ceux qui regroupent tous les danseurs dans un grand mouvement de foule, avec des cris et des expressions plus personnalisés de leur part. L’intro, donc, avec ses soldats qui tombent un à un, et la finale, où on laisse place à l’espoir, avec cette adorable petite ballerine de 3-4 ans qui décide de ne pas courir, mais de prendre le temps de vivre… et de danser.



Je pense que Joni Mitchell aurait pu imposer sa thématique environnementale tout en faisant plus confiance aux choix artistiques de Jean Grand-Maître. En mettant côte à côté de grands moments de la chanson canadienne et des morceaux à message un peu moins connus, le spectacle aurait pu entrer dans les annales de mes meilleurs spectacles à vie.

14.2.07

Bed-in pour Valentine.

C'est la journée de l'amour... et il fait frette. Alors je propose à tous un grand bed-in collectif, du coccooning généralisé! Fouèrez mes amis, fouèrez (et... fourrez aussi si ça vous dit). Dans un climat pareil, il n'y a rien d'autre à faire que de relaxer et s'aimer!

Chez nous, au programme pour célébrer amicalement la Valentine, pas de grosse poutine, mais une soirée "Sex and the City and Delivery" avec les amis. Des mets chinois et quelques-uns des meilleurs épisodes de Sexe à New York, comme disent les Français.

Pour ce qui est du volet "amoureux" de la célébration, Seb et moi avons commencé, il y a deux semaines, avec un week-end au Bed & Breakfast du Glenora Inn (un cadeau de mariage de l'an passé pas encore consumé)... Nous irons ensuite voir le Alberta Ballet dévoué à Joni Mitchell samedi soir. Et puis la semaine prochaine... déjà un an. Le temps de nos noces de papier est arrivé!

Un MOIS de célébrations amoureuses, finalement. Rien de moins.

De l'amour à vous tous! Bisous!

8.2.07

Les Sartorialistes

Bien souvent, quand je vis une période plutôt calme au niveau du travail, ou quand je vis une phase d’introversion, ou quand l’hiver n’en finit plus, bref, quand je m’emmerde, j’aime me plonger dans une quelconque obsession afin d’occuper mon esprit. Le sujet choisi se transforme alors en une recherche approfondie ou tout simplement une sorte de béguin qui me fait du bien.

Il y a quelques années, j’ai eu une phase « cinéaste ». Don McKellar et Mathieu Kassovitz, entre autres (ai-je besoin de mentionner que j’étais aussi célibataire à ce moment-là?). Je m’arrangeais pour voir tous leurs films et lire tout ce qui avait été publié sur eux. Je me berçais de leurs oeuvres. Adolescente, j’ai eu des obsessions musicales : à 15 ans, je découvrais la musique des Beatles et je lisais toutes leurs biographies dénichées à la bibliothèque municipale de Trois-Rivières-Ouest. Puis, il y a eu Paul Piché. Et Jacques Brel.

Quand j’étais moins en manque de jolis monsieurs, j’ai eu des obsessions littéraires : l’œuvre de Beauvoir a occupé plusieurs périodes d’ennui et plusieurs lectures de voyages sur une échelle de trois ans. Puis il y a eu Nancy Huston, ses essais et ses romans.


Depuis quelque temps… j’ai un trip « street fashion ». Bon, je l’avoue, ce n’est peut-être pas aussi ‘noble’ que le cinéma ou la littérature. Ou même les classiques musicaux comme le Fab Four. Mais c’est très accessible et ça me donne l’impression de voyager. Depuis l’arrivée des blogs, des obsédés de mode ont commencé à photographier des gens de la rue, ceux qui ont du style, du charme et surtout de la personnalité. New York, Londres, Paris, Barcelone, même Helsinki, toutes ces villes ont des blogueurs passionnés, armés d’appareil photos numériques, qui chassent des looks pour ensuite les afficher sur le net. Pour les gens qui, comme moi, considèrent que les vêtements (peu importent leurs provenances ou leurs coûts) sont une extension de la personnalité et une expression de la créativité, c’est évidemment un délice de voir tous ces individus sourire à la lentille dans toute leur authenticité et leur originalité.


Les chasseurs d’images sont, pour la plupart, bien au courant des vagues mondiales du milieu de la mode. La mode dans le sens de FASHION. Je parle de ces grands noms qu’on ne pourrait jamais se permettre d’acheter. Chanel, Prada, Armani, Marc Jacobs, etc … Alors ils nous parlent des nouvelles collections Fall/Winter 07-08 (oui, alors qu’on rêve encore de voir arriver le printemps et l’été 2007, ils en sont déjà à la saison suivante). Ils couvrent la Fashion Week de New York. Ils nous montrent la nouvelle collection de Marc Jacobs qui a finalement mis de côté son trip néo-grunge pour aller vers des lignes sophistiquées et des chapeaux en cloche. Certains se plaisent aussi à rire des mauvais choix vestimentaires des vedettes et vénèrent celles qui ont la beauté naturelle et les meilleurs stylistes.


Je sais, je sais, tout ça est, d’une certaine façon, plutôt superficiel… Je ressens le même plaisir nono, presque honteux, en lisant certains blogs qui parlent des tresses de Sienna Miller ou des leggings des jumelles Olsen que lorsque je regarde Entertainment Tonight! Mais que voulez-vous, c’est tellement l’fun!

Par contre, à ma défense, je dois vous avouer que, quand j’ai trouvé le site web de Marc Jacobs et que j’ai lancé son dernier défilé sur mon ordi… je suis tombée en bas de ma chaise. Et j’ai souhaité, vraiment souhaité, pour la première fois, de pouvoir assister, un jour, à un show d’un grand designer. Quelle mise en scène! La lumière, le son, le décor, la chorégraphie, et tous ces ‘acteurs’ (anorexiques, et oui) qu’on a costumés et maquillés et dirigés pendant des heures, en répétitions et en coulisses… j’ai été éblouie. Du grand théâtre! Du grand spectacle, avec un public fébrile qui se délecte et encense ou attaque avec une brique et un fanal. Des applaudissements, des ovations ou des bouhouh et des déceptions. Quel show.



Les designers sont de grands artistes qui se confrontent à un marché archi-dur, à une jungle sauvage. Qu’ils puissent y survivre et se renouveler et séduire à chaque nouvelle saison, je trouve ça vraiment admirable. Et je comprends bien mieux pourquoi tant de gens en font une obsession. Ou un blog.

Alors, je vous en conseille quelques-uns, si jamais vous avez du temps à perdre ou envie de rêver un peu. Et ça coûte moins cher qu’une visite chez Holt Renfrew.


The Sartorialist
Mon préféré, bien photographié, bien écrit. Scott Schuman nous ajoute une entrée à tous les jours. En plus, il photographie souvent les défilés européens, alors il nous emmène avec lui à Paris, Milan, Londres, etc. Style.com et GQ magazine publient souvent ses photos. Qu’est-ce qu’un « sartorialiste »? Quelqu’un qui a développé son style pour l’aider à exprimer sa personnalité.
www.thesartorialist.blogspot.com


The Style Scout
Un autre site génial, à Londres celui-là, avec de nombreux docu-vidéos de street fashion.
www.stylescout.blogspot.com


Fashion Verbatim
La bitch de service pour le monde de la mode. Il ne fait pas vraiment de « street fashion », mais il est au courant de tout, vedettes et nouvelles collections. Il reprend souvent des articles des sites de mode ou des magazines. Une bonne façon de tout voir sans gaspiller de papier.
www.fashionverbatim.blogspot.com


Face Hunter
Le « dévisageur » est un mec d’origine suisse installé à Paris. Un vrai original, un flyé, qui chasse des spécimens tout aussi spéciaux que lui. Pas mal jet set mais dans des partys pas piqués des vers, de Rio de Janeiro à New York en passant par Hambourg.
www.facehunter.blogspot.com


Picturing Fashion
Pas souvent renouvelé, mais… c’est Barcelone. Alors je suis vendue.
www.picturingfashion.blogspot.com



Bonne obsession.

2.2.07

Mes amies les marmottes

Bon, c'est le jour de la marmotte. Ou, devrais-je dire, des marmottes. Il paraît que les trois marmottes, enregistrées et approuvées scientifiquement (je suppose... hum) pour faire la prédiction du printemps hâtif, n'ont pas vu leur ombre. Yé.


C'est que... l'hiver commence à être pas mal long pour nous à Edmonton. Ça a commencé mi-octobre et, encore ce matin, on se tape un joli -29 degrés à cause du vent du nord. De la poudrerie et de la neige encore cette semaine. Arrggghhhh... Vous expliquerez peut-être ainsi mon manque d'inspiration pour ce blog. Je suis comme un cactus, moi, en hiver (mes jambes non rasées le prouvent), j'ai besoin de soleil et de chaleur.

Mais Punxsutawney Phil et Shubenacadie Sam et l'autre là, de l'Ontario, Wiarton Willie, elles ont toutes les trois annoncé que le printemps allait venir plus tôt cette année. Ou peut-être qu'elles ont assisté à la conférence sur les changements climatiques et qu'elles aussi savent très bien que c'est le point de non-retour. Les printemps, ils vont effectivement être de plus en plus de bonne heure sur le piton.

Le pire, c'est qu'on ne peut même pas s'en réjouir. Alors je vais faire comme mes amies les marmottes, je retourne hiberner pour quelques semaines.

Bon hiver.

25.1.07

Basketball diaries





Depuis l’an dernier, je fais partie d’un cercle d’écriture qui regroupe 5 femmes de différentes générations (nous avons entre 33 et 75 ans) et de plusieurs origines (Magali a grandi à Paris; Jocelyne est arrivée du Nouveau-Brunswick; Pierrette est une francophone du nord de la province et Nathalie a quitté le Rwanda à cause du génocide). Nous avons tout de même plusieurs choses en commun, les plus importantes étant que… nous sommes des femmes, nous sommes francophones et nous vivons à Edmonton. Nous écrivons ensemble dans le but de publier un recueil de nos textes; poèmes, nouvelles et récits autobiographiques.

Il y a quelques semaines, pendant un remue-méninges d’écriture sur l’adolescence des filles, j’ai eu un flash. Le basket. La plupart de mes souvenirs d’adolescence tournent autour de mon expérience de basketballeuse.

Hum… Je vous entends d’ici :

… han… ?!

Pour les lecteurs qui ne connaissent pas mon « autre vie » (celle qui précède mon arrivée en Alberta à 21 ans), je vous préviens : noyez votre scepticisme! Je ne fais même pas 5 pieds et 1 pouce. C’est vrai. Je n’ai pas le profil très sportif. Je vous l’accorde. Et à vrai dire, je ne suis pas du tout compétitive. Mais je vous le jure, j’ai réellement à mon compte 7 années de basket et même 2 années en tant que coach.

Eh.


1982-83

Tout a commencé à cause de mes frères. Ils jouaient au basket. (Et au hockey, et au baseball, et au soccer, et au football…). Mais le basket, c’était vraiment cool. Pour les filles aussi. Mon père avait cloué un panier de basket sur le toit de la remise et mes frères m’ont donné le droit de toucher au ballon (les patins blancs n’étaient pas admis sur la patinoire quand les boys jouaient au hockey et ma seule expérience de baseball se résume à recevoir un bâton de métal sur le nez parce que « j’étais dans les jambes », c’est-à-dire, derrière mon frère, quand il a batté…). Mes frères m’ont même permis de lancer au panier. Et ils ont été impressionnés : j’avais un talent inné, une très bonne technique de lancer! Gonflée de fierté, j’étais toute oreille quand ils m’ont alors appris à faire des « lay ups » et à dribbler (pas évident sur le gazon parcellé de pierres des champs, mais parfois on avait l’asphalte du « car pot » quand les voitures étaient sorties).

Puis, mes copines d’enfance Julie et Marie-Claude ont embarqué dans le trip. Nous avons d’ailleurs abandonné les Jeannettes pour nous consacrer uniquement au… mini-basket (le basket à l’école primaire). Finis les jeux de macramé dans un sous-sol et les chansons de Jésus autour du feu, nous faisions partie d’une équipe, d’une ligue, nous avions un vrai coach, des pratiques et des tournois.

C’était la belle époque des années 80, la roulathèque et le disco n’étaient plus tendance, maintenant c’était les chandails chauve-souris en coton ouaté, les leggings, les bottines Converse et Nike, sans oublier les bandeaux et les poignets de réchauffement en ratine. Nous étions des sportives, nous n’avions plus rien à envier aux garçons.


L’école secondaire

J’entre ensuite au Collège Marie-de-l’Incarnation. Les ursulines qui enseignent encore se comptent déjà sur les doigts et les laïques mènent la baraque, mais le programme de sports est un des meilleurs en Mauricie. À cause de ma super technique de lancer, j’ai toujours été sélectionnée pour jouer dans les meilleures équipes (nous participions à des ligues provinciales), mais comme je n’étais ni rapide, ni grande, ni bonne, je deviens vite une « bencheuse »professionnelle (traduction : je « jouais sur le banc »… traduction : je ne jouais pas beaucoup). Mais j’aimais l’expérience sociale qu’était le basket et j’ai souvent été capitaine de mon équipe. Faut croire que j’avais du leadership et que je savais être amie avec toutes mes coéquipières.

D’ailleurs, je pense que c’est grâce au basket, à mon expérience en tant que joueuse, capitaine et coach, si j’ai développé les aptitudes nécessaires au travail de mise en scène et de direction artistique. J’ai appris à travailler en équipe, à diriger un groupe et j’ai développé des techniques pour entrer en contact avec chacun selon sa personnalité et sa façon de travailler… Quand on y pense, il n’y a pas beaucoup de différences entre donner un bon show et jouer un bon match. On pratique, on s’entraîne, on travaille en équipe, on a le trac et quand le temps est venu de performer… on donne son 150%.


La crise d’adolescence

Quand je pense à mes années de basket, je me rappelle surtout des larmes et des rires dans les vestiaires, avant ou après un match ou une pratique. Des larmes parce qu’on avait perdu contre des pas-bonnes qu’on battait habituellement haut-la-main. Des larmes pour des peines d’amour. Des larmes à cause d’une mauvaise note dans un examen de chimie. Des larmes parce que des parents divorçaient. Des rires pour des histoires de gars complètement colons. Des rires remplis de larmes en criant « tous des chiens! ». Des rires de nervosité en entrant illégalement dans les catacombes secrètes sous le collège. Des rires amoureux en regardant les mecs (plus vieux) du Séminaire jouer au tournoi du Takefman. Des rires en apprenant que les « chanteurs » de Milli Vanelli sont vraiment des twits. Des rires en se rappelant que deux ans plus tôt on trouvait Patrick Swayze tellement beau.


On était des vraies adolescentes. Parfois charmantes et parfois méchantes. En pleine quête d’identité et d’harmonie. Des montagnes russes d’émotions et d’hormones. On avait un kick sur le coach pendant une minute, la minute d’après on le haïssait pour le tuer. On s’inventait des rivalités avec les équipes des polyvalentes parce qu’on pensait qu’elles nous haïssaient parce qu’on allait à l’école privée. On attachait nos cheveux coupés en dégradés avec du tape blanc athlétique pour cacher nos barrettes de métal qui étaient interdites par les arbitres. On se faisait des confidences, on se trahissait, on bitchait, on se chicanait puis on se réconciliait. Parce que dans le fond, on s’aimait.


Je me rappelle aussi de tous ces longs moments d’attente. On attend beaucoup quand on est adolescent. On attend que l’adolescence finisse surtout. Mais on attend d’abord le début de la pratique après les cours. On attend notre lift après la pratique. On attend le bus pour aller au centre d’achats toutes ensemble. Et pendant tout ce temps, on parle. On grandit. Ensemble. Pendant tout ce temps, au moins, on n’est pas toutes seules.


Le choix de Josée

Je dois par contre l’avouer, c’est peut-être aussi à cause du basket que ma carrière artistique a été si lente à se concrétiser. J’ai fait beaucoup d’impro et d’animation à l’école, j’ai aussi joué dans des pièces avec le cours d’art dram. Mais au collège où j’allais, LE SHOW qui pouvait nous lancer sur la bonne voie si on avait la vocation artistique (ce que je n’admettais pas encore) avait lieu en secondaire 5. En collaboration avec le Séminaire de Trois-Rivières, les élèves montaient une comédie musicale de très grande envergure. Il fallait passer des auditions, chanter et jouer, et les répétitions s’étendaient de septembre à mai jusqu’aux représentations qui avaient lieu à la Salle J-Antonio Thompson, attention, mes amis. Il fallait donc faire un choix : jouer au basket… ou faire partie de la comédie musicale.


Une dernière année avec ma gang de filles avant de se séparer pour le Cégep, une dernière année à jouer au basket avec mes meilleures amies, mes coéquipières… je ne pouvais pas les laisser tomber pour aller faire du théâtre! Alors oui, j’ai choisi le basket.



Et puis, la vie continue…

Quand le Cégep arrive enfin, peu d’entre nous continuent à jouer au basket. Petit à petit, le basket disparaît de nos vies… L’adolescence est finie.


À 16 ans, j’avais choisi le basket au lieu du théâtre; à 17 ans, j’ai choisi les sciences au lieu des arts. Mais à 18 ans, j’ai changé de cap. J’étais une adulte maintenant et il fallait que je pense à moi en premier. Alors j’ai étudié en communications et littérature, puis en cinéma à Montréal. Et, à l’été 1994, même si je savais que je ne reverrais plus aussi souvent mes copines d’enfance, mes copines de basket, je suis partie pour l’Alberta. Et qu’est-ce qui s’est présenté à moi (chassez le naturel et il reviendra au galot)? L’opportunité de faire du théâtre. Cette fois-ci, j’ai vraiment répondu à l’appel artistique. J’étais prête.


And the rest, as they say, is history.

Voilà, merci d’avoir lu mes « basketball diaries ».

21.1.07

Bouddha et l'air pur

Je viens de lire sur le web un article qui nous a fait sourire, moi et mon chum : http://www.cyberpresse.ca/article/20070117/CPACTUEL/70117057&SearchID=73269748943004

Selon cette étude, les gens ayant choisi le végétarisme auraient un Q.I. supérieur à la moyenne! Attention, mangez végé ne vous rend pas plus intelligent, mais les gens qui sont déjà intelligents auraient mieux compris qu’il est préférable pour leur santé et celle de la planète de manger moins de viande... Quand on pense à tout le gazon que ça prend pour nourrir une vache, quand on pense à tout le méthane qui est produit par ces mêmes vaches (on attaque toujours les pots d’échappement des voitures, mais avez-vous déjà pensé à ce qui sort du trou de pet de tous ces animaux que nous engraissons à la chaîne?)… on a effectivement envie de devenir végé.

Depuis quelques temps, les producteurs de cochonneries des prairies ont peur d'avoir à payer plus cher le grain qui sert à engraisser leurs porcs puisque le gouvernement vise, d’ici 2010, à ce que 5% de l’essence soit constituée d’éthanol (produit par les céréales). Ma solution? Produisons de l’éthanol, mais oui! Et arrêtons de manger du cochon!



Je ne mange plus de viande depuis plus de dix ans et je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai goûté à de la cochonnade (à part l’occasionnel petit rouleau de printemps soi-disant végétarien qui m’a peut-être fait avaler quelques miettes de porc par mégarde)… Je mange tout de même un peu de poisson (mais de moins en moins à cause des taux élevés de mercure qu’on y trouve maintenant) et des fruits de mer, et parfois une petite tranchette de dinde le soir de Noël pour honorer les 12 heures que la cuisinière a passées devant les fourneaux. À vrai dire, le goût de la viande ne me manque pas du tout. J’ai même déjà eu un haut-le-cœur puissant en mangeant un végé-burger trop véridique.

Mon grand-père était boucher et pourtant j’ai toujours détesté la viande rouge, surtout le bœuf. En steak, en tranche, en t-bone, en boulette, rôti ou haché… beurk. Le poulet, ça allait toujours au niveau du goût, sauf que ce sont les McCroquettes avec leurs trop fréquentes bouchées surprise de chwing-chwing (vous savez, ces petits bouts rebondissants qui vous sautillent dans la bouche, impossibles à mastiquer?) qui ont mis un embargo définitif sur ma consommation de poules (ça et les légendes urbaines – à laquelles j’aime croire d’ailleurs - qui racontent que les poulets Kentucky poussent sans ailes, sans becs et sans pattes pour être plus facilement pannés et passés à la friteuse).



Le bacon, le jambon, toute cette bidoche (je suis mariée à un Français, ça commence à s’entendre, non?) où l’on voit à l’œil nu les filaments de gras blanc me lève le cœur. Dans ma tendre enfance, j'ai parfois toléré l'ingestion d'un morceau de jambon fumé quand il avait cuit avec une tranche d’ananas sur le dessus. Le goût de fumé et le mélange sucré-salé me faisait oublier la texture et avaler le reste.



Pourtant, la semaine dernière, je vous le jure, j’ai mangé du jambon. Du jambon fumé à part de ça. Et du poulet, et du porc, et quelque chose qui ressemblait à du bœuf au gingembre. Non, détrompez-vous, je ne me suis pas reconvertie au carnivorisme, aucun animal n’a été dépecé pour aboutir dans mon assiette. J’ai seulement fait un voyage dans le monde magique… des « fake meats »!

Nous avons dans notre charmant Chinatown, un trésor caché qui s’appelle le PADMANADI. Un resto végétarien, bouddhiste pour être plus précis, où vous trouverez au menu le curry de poulet, le porc à la sauce teriaki ou les crevettes à la sauce aigre-douce. Véritables petits bijoux de confection culinaire, ces morceaux de fausse viande sont fabriqués à partir de dérivés divers du soya et autres ingrédients végétaliens.


Selon la tradition bouddhiste, l’ail et les oignons sont aussi proscrits puisqu'ils sont pour eux des poisons lents, et pourtant, les saveurs délicieuses et les subtilités des arômes sont au rendez-vous. En plus, l’addition ne fait pas de trou dans notre portefeuille et, comme du merveilleux, nous préservons un peu plus longtemps notre air pur de plusieurs milliers de pets de cochons et de vaches.

Mangeons comme Bouddha et sauvons la planète!

Sympa, le petit Babiak.

Encore une preuve qu’Edmonton couve une faune humaine fabuleuse et un milieu des arts non seulement accueillant mais surprenant : l’auteur du Garneau Block a laissé un message sur mon blog suite à sa lecture de mon billet sur son bouquin. Sympathique, non?

J’ai bien hâte de lire son nouveau livre, dont le dernier chapitre vient d’être publié dans le Edmonton Journal. À l’automne, The Book of Stanley paraîtra chez le même éditeur que le Garneau Block … En plus de ses chroniques culturelles et de son blog au journal, Todd Babiak a aussi son propre blog sur son site www.toddbabiak.com.

Productif, le petit Babiak.

13.1.07

The Garneau Block


Je sais que ce n’est pas nécessairement une nouveauté puisqu’il a été publié l’automne dernier, après avoir paru un chapitre à la fois de façon hebdomadaire dans le Edmonton Journal l’année dernière. Mais j’ai envie de vous parler de ce bouquin. The Garneau Block, de Todd Babiak. Le petit Babiak est un gars d’Edmonton, qui a grandi à Leduc (la ville qui regarde voler les avions qui quittent et atterrissent à l’aéroport international d’Edmonton). Il était étudiant à l’université de l’Alberta quand j’étudiais à la Faculté Saint-Jean (1994-95). Pendant qu’au campus du quartier Bonnie Doon, nous nous battions pour avoir une demie page en français dans le journal de la U of A, Todd Babiak y publiait à chaque semaine un billet bien mordant que je lisais avec fidélité. Son écriture avait une bonne dose d’humour et d’esprit, et il était mignon par-dessus le marché. Je l’ai rencontré, une fois, derrière le REBAR (nous fumions un joint en cachette avec les colocs et il était venu faire la même chose avec les siens). Je lui avais dit quelques mots à propos du Gateway (je ne me souviens plus très bien quoi…) et il avait été, franchement… snob (je ne me souviens plus très bien ce qu’il m’avait dit, mais le ton était plutôt condescendant). Quelle déception. J’apprenais que Todd Babiak était frais-chié. L’année d’après, il est parti faire sa maîtrise à Concordia, Montréal. Moi, j’ai créé, avec d’autres étudiants de la Fac, « Le Mouton noir ». Nous étions les rejets de l’université, autant avoir une feuille de chou qui parlerait pour nous.


Une dizaine d’années plus tard, le petit Babiak est de retour en ville. Il est le chroniqueur culturel du EJ et il a écrit deux romans. De temps à autre, je lis ses articles qui n’ont pas perdu de leur humour, mais c’est seulement quand je l’ai entendu parler de sa vision de la ville d’Edmonton que j’ai eu envie de lire The Garneau Block.

Les gens regardent souvent de haut « la ville des champions » (et je comprends pourquoi, avec un tel slogan…). Deadmonton, Edmonotone, les surnoms méchants abondent. Les gens d’ailleurs et même les edmontoniens nous demandent souvent : « tu viens du Québec, mais pourquoi tu choisis de vivre à EDMONTON?! »

C’est une bonne question. Et je n’ai pas toujours su y répondre.

« Ce sont les gens qui font une ville ». « Il n’y a pas de taxe provinciale ». « Les gens sont polis, ils arrêtent leur voiture pour nous laisser traverser la rue ». « Il y a de belles opportunités d’emplois… »

Oui, mais… il doit y avoir plus que ça?

Cet été, ça fera 13 ans que je vis ici. Selon moi, Edmonton est une ville caméléon. Tout au long de ma vingtaine, dans ma quête identitaire, dans ma quête vocationnelle, dans ma quête amoureuse, Edmonton a revêtu des personnalités différentes. J’avais toujours le sentiment de la découvrir sous un nouvel angle. Je m’y suis toujours sentie à la fois étrangère et tout à fait à ma place. Jamais vraiment chez moi, mais tout à fait confortable. C’est peut-être la magie des villes multiculturelles, des villes dépareillées ou toujours en pleine effervescence. Edmonton s’est toujours adaptée à ce que je vivais, elle a été le décor parfait de ma vie ici, tout en y jouant un rôle intégral.



Babiak mentionnait en entrevue de promotion que l’on dépeint toujours l’Alberta comme étant rurale et cow-boy. What about the cities? Il citait des auteurs comme Mordechai Richler, Michel Tremblay et Leonard Cohen qui ont intégré la ville de Montréal à leurs œuvres. Ils lui ont donné un « pouvoir mythique ». La ville est le décor, mais la ville est aussi le personnage, elle joue son rôle. Au Québec, depuis Tremblay, on a situé des centaines de récits sur le Plateau Mont-Royal, que ce soit en littérature, au cinéma ou à la télé. En fait, le québécophile qui n’aurait que ces œuvres pour se faire une idée du Québec penserait que tous les Québécois sont de jeunes trentenaires ayant des problèmes de fidélité, magasinant sur la rue Saint-Denis et travaillant soit dans le milieu du théâtre ou celui des magazines de mode (d’ailleurs, ça commence à me taper un peu sur les nerfs tout ça).

Avec The Garneau Block, Babiak a voulu mettre en scène une des quartiers les plus vibrants d’Edmonton et quelques-uns de ses archétypes sociaux. Suite au mystérieux meurtre d’un habitant du quartier Garneau, on suit les tribulations d’une trentenaire enceinte qui vit dans le sous-sol de ses parents, son meilleur ami, un comédien gay qui remet sa vie en question, un prof de philo lubrique qui se bat avec son démon du midi, un couple de retraités qui partagent leurs passions entre l’activisme et des envies de gloire au Parti conservateur et un jeune millionnaire sikh qui subventionne des artistes. On leur apprend finalement que leurs résidences seront bientôt détruites pour laisser place à un nouveau centre universitaire. Autour de ce qu'on a baptisé ici "le district théâtral" à cause du grand festival Fringe et des nombreuses salles de théâtre, autour du High Level Bridge, de l’avenue Whyte, de l’université et du café le Sugar Bowl, les personnages et l’auteur nous dévoilent alors tout ce qui fait d’Edmonton, une ville de … « champions », à sa manière.


Si vous ne connaissez pas Edmonton et ne comprenez pas pourquoi je n’y suis pas misérable depuis tant d’années, lisez The Garneau Block, aux Éditions McClelland & Stewart.